vendredi 30 décembre 2011

Sukkwan Island

Ce n'est pas sur une note franchement optimiste que je terminerai l'année 2011 avec cette chronique...

Sukkwan Island, premier roman de l'auteur américain David Vann, qu'il aura mis dix ans à écrire, fait froid dans le dos, c'est rien de le dire. Sentiment de mal-être en refermant ce bouquin. Quelque chose de tellement dérangeant. Un poids, un noeud à l'estomac qui met un peu de temps à se dissiper. Ce n'est pourtant qu'un roman... mais c'est du réel. Les personnages, ce père et ce fils, sont des êtres humains, de papier, certes, mais humains. Et ce père si détestable, lâche et vil...

Sukkwan Island est une île perdue au large de l'Alaska, sur laquelle il n'y a pas grand chose à faire si ce n'est pêcher, chasser et essayer de se protéger contre un environnement hostile (la nature, les animaux...). Jim décide de s'y installer avec son fils de treize ans, Roy, au moins pour une année. Tout semble prévu et organisé : la cabane a été achetée, les provisions sont amenées. Il n'y aura plus qu'à se laisser vivre. Mais on ne se laisse pas vivre ici, on essaie de survivre et d'échapper aux dangers constants.  Et quand on a enfin réussi à revenir vivant d'une promenade "de survie", et bien on s'ennuie au coin du feu. Jim a voulu fuir ses problèmes, avec les femmes surtout, en prenant cette folle décision. Dans ce qu'il pense être son échappatoire, il embarque son fils, bien solide, à qui on ne semble pas vraiment avoir demandé l'avis.
La première partie du roman raconte cette installation et la vie quotidienne des deux hommes sur cette île déserte. Il y a quelque chose d'apocalyptique dans ce paysage, une atmosphère lourde et désolée, un père et son fils seuls au monde... ce début m'a fait penser à La Route. Mais aucune comparaison possible pour la suite. Au fil des pages, Jim se révèle totalement dépressif et fragile, tout n'est pas aussi bien organisé, et il fait supporter à son fils le poids de ses blessures et de ses chagrins. Roy est perdu, ne voit pas comment aider son père et ne sait pas comment réagir. Beaucoup d'empathie pour ce gamin, qui se trouve là, qui réussit à tenir le coup, finalement plus fort que son père. 
Alors je dois avouer que j'ai trouvé cette première partie un peu longuette et répétitive... le récit de la pêche au saumon, puis la chasse aux ours, puis la construction d'un abri etc. ne m'a vraiment pas passionnée. Mais ce rythme lent est à l'image de ce que vivent les personnages. Et on sent également une ambiance de plus en plus pesante, un événement latent. Quelque chose va arriver.
C'est à la page 119 (dans l'édition de poche) que ça se passe. Le bouleversement, le choc, le basculement irrémédiable. Tout s'enchaîne alors très vite dans cette seconde partie. C'est une sorte de descente aux enfers, dans la folie et l'enfermement mental d'un des personnages. En contraste avec cette première partie lente et calme.... Difficile d'en dire plus sans trop en dévoiler. Je vous invite juste à lire le livre, à entrer dans ce drame subtilement construit, amené avec beaucoup d'élégance et de finesse, alors que ce qui se joue fait pourtant partie de l'indicible...

jeudi 22 décembre 2011

La citation du jeudi

Aujourd'hui, un peu de sagesse taoïste :


Le ciel subsiste et la terre dure,
Pourquoi le ciel subsiste t-il, et la terre dure t-elle ?
Parce qu'ils ne vivent pas pour eux-mêmes, 
Voilà qui les fait durer.


Les paroles vraies ne sont pas élégantes ; les paroles élégantes ne sont pas vraies. 

Apprends à écrire tes blessures dans le sable et à graver tes joies dans la pierre. 

Lao Tseu, Tao-tö king, IIIème siècle avant J.C. 




mercredi 21 décembre 2011

En attendant...

Pour patienter, quelques photos de décoration pour s'immerger un peu plus dans l'esprit de Noël, qui ne sera certainement pas tout blanc cette année (c'est triste) :














Et en musique s'il vous plaît, pour la radio des blogueurs chez Leiloona :
Belle chanson de John Lenon qui représente l'esprit de Noël pour moi : la trêve, la paix, la douceur. Malheureusement, l'utopie aussi...




Comme je n'ai pas trouvé la bonne version ni sur Deezer ni sur Groveshark, j'en choisis une autre. Dans la même idée : "Salut à toi repris" par Les Ogres de Barback et Les hurlements d'Léo.

Les deux liens sont en haut à droite ! (Grande aventure pour les intégrer sur le blog !)



mardi 20 décembre 2011

Retard, challenges et autres notes de décembre

Décembre décembre... en attendant de savoir ce que le Père Noël aura décidé de m'apporter parmi ma belle wish list, c'est un peu la course de mon côté pour trouver de quoi contenter tout le monde sous le sapin dans quelques jours. La course aussi professionnellement, mais enfiiiiin ce sont les vacances et je savoure ce temps libre ! Bref un mois de décembre très chargé qui ne m'a pas laissé beaucoup de temps pour bloguer...


Et puis le Père Noël est passé un peu en avance pour me déposer mon premier cadeau : une belle guitare classique qui sonne bien. Je n'ai pas résisté et ai déjà commencé à gratter les petites cordes, mais apprendre un instrument de musique, ça prend du temps ! 

C'est donc avec, ouhhhh shame on me, 10 jours de retard, que je participe au challenge de Sophie : pour cette première session, l'année proposée était 2010.
J'en ai lu deux, mais pour l'instant je n'ai le temps de n'en chroniquer qu'un seul : c'est la bande dessinée de Pénélope Bagieu : Cadavre exquis.


Zoé est une jeune fille menant une vie tout à fait banale, voire tristounette et ennuyante. Ni son boulot, ni sa vie personnelle ne l'épanouissent : et pour cause, elle est hôtesse au salon de l'auto, elle doit donc sourire toute la journée, être aimable, se tenir droite en toutes circonstances, même avec les pires énergumènes qu'elle accueille... Elle vit avec son compagnon, ahum, l'anti-prince par excellence, bon et même sans être fleur bleue, Pénélope a bien forcé le trait sur ce jeune homme : vulgaire, inculte, flemmard, qui passe sa journée en slip dans le clic-clac à attendre sa Zoé, pour ensuite qu'ils se disputent. Bref ça va pas fort pour notre petite Zoé... On attend le changement avec impatience !
Il arrive... Un jour, en traînant un peu des pieds en rentrant du salon de l'auto, elle rencontre un bel écrivain, un peu dandy qui vit dans un grand appartement. Il est en panne d'inspiration, mais la retrouve grâce à sa rencontre avec Zoé. C'est le coup de foudre, la passion amoureuse immédiate, très rapidement elle s'installe chez lui, il écrit de nouveau. Tout va bien, jusqu'à ce que Zoé s'interroge sur la vie très solitaire qu'ils mènent ensemble, leur seul contact extérieur étant pour l'instant l'ex-femme de monsieur (toujours réjouissant n'est-ce pas !), jusqu'à ce que notre écrivain soit tellement omnibulé par le succès qu'il en oublie sa dulcinée... Qui est vraiment Thomas Rocher ?

Pour la première fois Pénélope Bagieu a créé un récit, avec un vrai suspense et des rebondissements assez surprenants. J'aime toujours ses dessins et son graphisme, soigné et piquant. L'évolution de Zoé, d'abord triste, fatiguée, lasse, puis lolita, pleine de vie et enfin épanouie à la fin de la bande dessinée est vraiment réussie ! Mais je pose un grand bémol sur la crédibilité de l'histoire, personnellement j'ai eu du mal à y entrer tant certains détails ne me semblent pas du tout réalistes : Zoé qui n'est jamais entrée dans une librairie devient la muse d'un grand écrivain en panne d'inspiration, soit. Zoé, qui n'a jamais lu un livre, se prend tout à coup de passion pour Belle du Seigneur. C'est beau de découvrir la littérature avec ce titre, mais dans mes souvenirs, je ne pense pas que ce soit le bouquin le plus accessible pour révéler la passion de la lecture... Ces petites incohérences m'ont un peu gênée, mais ça reste une lecture très agréable et drôle ! Je préfère tout de même la Pénélope de Joséphine et de Ma vie est tout à fait fascinante.

Cadavre exquis, c'est aussi une histoire d'amour qui se termine bien (jolie chute d'ailleurs)... ce qui me permet de faire deux pierres d'un coup : le challenge de Sophie, et le challenge amoureux de l'Irrégulière.



mardi 6 décembre 2011

Cher Père-Noël

 En cette période propice à la douceur et aux rêves, où pour une fois les espoirs les plus fous sont permis, chacun peut retrouver son âme d'enfant, l'insouciance et la naïveté de ce mois d'attente...
Aussi ai-je décidé de t'écrire et de t'envoyer ma petite liste pour ce Noël 2011. Je m'accorde encore le droit de rêver et de croire, même si ce n'est plus tout à fait de mon âge...
(Mais ne m'en veux si je copie-colle ma liste à des personnes plus réelles et à peu près susceptibles de réaliser mes souhaits ... je te laisse la charge des plus difficiles à exaucer, en toi je garde confiance !)
J'ai été, me semble t-il, plutôt sage et sérieuse cette année : j'ai payé mes impôts à temps, je n'ai pas eu d'amende, pas commis d'effraction au code de la route, je remplis mon cahier de texte numérique assez régulièrement, certes je me suis faite remonter le bretelles pour les compétences du socle commun pas à jour, mais j'ai agi en conséquence, c'est maintenant chose faite. 
En ces temps de rigueur et de crise, je sais me montrer solidaire, c'est pourquoi je me suis limitée à 10 cadeaux, dont certains sont tout à fait abordables... Un bel effort de sagesse qui, je l'espère, sera récompensé !

1. Une guitare acoustique. Des années et des années que je la demande, qui sait, ce sera peut-être la bonne cette année ! (Si en bonus il y a les cours avec un beau professeur de guitare qui me jouera des airs de fandango, je t'embrasse sur la joue droite, aussi piquante qu'elle puisse être - je prendrai sur moi)



2. Une paire de bottes : des Neosens Roccoco, parce que j'ai déjà une paire de cette marque et qu'on est divinement bien dedans, qu'elles sont magnifiques, rétro et classe, chic et élégantes... 




3. Du parfum, pour faire la belle avec mes sublimes bottes et ma guitare :)
En ce moment je jette mon dévolu sur Flowerbomb de Viktor&Rolf


4. Une soirée romantique et beaucoup plus encore parce que affinités avec un prince agréable. Note que je ne suis plus trop exigeante et que je n'ai pas demandé Le vrai, le seul et l'unique. (C'est beau de grandir, je m'admire), (ce cadeau 4 ne pourra se réaliser sans les 2 et 3...) 




5. Le coussin chauffant chat chez Nature et Découverte, même si mes soirées solitaires plaid/séries/lectures se feront de plus en plus rares en raison du souhait précédent. Mais si jamais il y a maldonne ou oubli de ta part, j'assure mes arrières...

6. Une jupe de flamenco, et pourquoi pas les chaussures qui iraient avec. 


7. Un livre électronique, pour tester et surtout pour emmener en voyage. Enfin, on peut emmener sa bibliothèque en vacances ! Si tu trouves que j'ai été très sage (je te laisse juge), ne te prive pas, tu peux craquer sur l'IPad, ce serait encore plus awsome...













8. LA grande classe : le coffret de tous les cd des Beatles remasterisés. Parce que le matin dans la voiture, c'est LA condition pour être en forme. (Là je t'embrasse sur les deux joues) (Pink Floyd, ça marche aussi)


9. Les deux nouvelles Pléiades du mois de novembre (ou au moins une des deux) :

            


Ou alors, à défaut, si ton budget est trop restreint, sache que tout livre me fera plaisir. Petites indications : en ce moment des envies de Laurie Colwin, le dernier Carrère, Guerre et Paix.

10. Que le monde se porte un petit peu mieux. (Bon, je sais, tu n'es pas magicien).


Merci


                                                                       EmiR


P.S. N'oublie de jeter un oeil chez l'Irrégulière, qui elle aussi, a été très sage !

dimanche 4 décembre 2011

Le premier été

Enorme coup de coeur pour ce roman de la rentrée littéraire passé assez inaperçu. Je n'avais pas lu de critiques dessus (mais après ma lecture, j'ai découvert que pas mal de blogueurs avaient aussi été charmés par ce livre) mais je l'avais repéré mis en avant dans plusieurs librairies, c'est ce qui m'a mis la puce à l'oeil. L'illustration de la première de couverture m'a intriguée, ressemblant étrangement aux peintures d'une connaissance. Bref, Le premier été, un titre simple et épuré, une image qui me parle, je me suis dit : tentons. 


Deux soeurs adultes, Angélique et Catherine, se retrouvent dans la maison de leurs grands-parents qui viennent de décéder. Elles doivent ranger et vider la maison, puis la nettoyer avant qu'elle soit mise en vente. C'est donc tout un passé qui ressurgit à l'occasion de ces fouilles archéologiques dans le monde de l'enfance et de l'adolescence. Les deux filles avaient en effet l'habitude de passer toute une partie de leur été en vacances chez Pépé et Mémé, à la campagne, au vert, dans ce petit village de Haute-Saône. Il leur fallait alors nouer les liens d'amitié avec les gamins du village, toujours un peu farouches... et puis pas très loin, il y avait "les colons", ceux qui venaient de la ville au vert pour la colonie d'été. Catherine se souvient particulièrement d'un été, celui de ses 16 ans, qui semble avoir été dramatique et a bouleversé sa vie à jamais. Elle porte le poids d'un terrible secret, quelque chose qu'elle n'a jamais dévoilé à personne. Sur le perron de la porte de la maison, Catherine va enfin confier ce terrible secret à sa grande soeur, et donc lui raconter (et nous raconter en même temps) ce qui s'est réellement passé ce fameux été. 
Catherine adulte regarde ces événements avec l'amertume et la tristesse du temps passé, du poids du silence et des regrets.

Ce roman est un petit bijou. Bien écrit, tout en finesse, et tellement juste.  Anne Percin a su capter les méandres de cette période si trouble de l'adolescence, durant laquelle les sentiments et les émotions sont exacerbées. Les premières amours, les amitiés éphémères, l'influence du groupe, de la communauté. Etre dans la norme, se fondre avec les autres, ou être celui qui dicte la norme, le meneur... Mais qu'advient-il si on se sent un peu à part ? Et si les autres décident qu'on n'est pas dans le groupe ? Se taire et suivre ? Pas évident d'évoquer aussi subtilement cela... Autre évocation tout à fait juste que j'ai également appréciée : la relation fraternelle entre Angélique et Catherine. Entre adoration, jalousie, haine, complicité, protection et rejet. Il me semble que cette ambiguïté relationnelle est vraiment particulière aux relations entre soeurs... tout à fait différentes des relations frère-soeur. 
Et enfin, autre réussite de ce roman, c'est que chaque page m'a remémoré mes propres souvenirs d'enfance et d'adolescence à la campagne. La description par petites touches de la vie dans un village, l'été... deux mois d'ennui quand on a 13-14-15 ans, qu'il faut vaillamment occuper... Les années 80 aussi, sans cliché, juste ce qu'elles étaient, Madonna, Etienne Daho, les Rita Mitsouko, les BN, Ok. Podium...  La colonie. Le bal, la boum, les racontars. Et toute la nature en été à la campagne : les blés, les prés, la forêt, le jardin où l'on cueille les haricots avec Mémé ! Oui tout cela m'a vraiment beaucoup parlé, et d'autres choses bien plus intimes aussi. Et la force d'un roman, c'est bien de savoir parler à son lecteur...

Une écriture sensible et poétique, tout en discrétion, par petite touche, c'est ainsi qu'Anne Percin mène son récit, au rythme de cette nature estivale, de la chaleur écrasante de cet été, de l'appréhension des corps à l'adolescence et de leurs tourments pour nous amener aux révélations percutantes et surprenantes... La mélancolie est aussi de mise dans ce joli roman, mais jamais on ne tombe dans le mélo. De même la nostalgie n'est jamais mièvre, le temps d'avant n'est ni idéalisé, ni honni, il est évoqué comme ce qu'il était (en cela, le roman m'a fait penser au film de Julie Delpy : Le skylab).

Quelques extraits :
- On plante le décor :
"Tu préférais les chewing-gums aux bonbons mous pour lesquels on se battait avant. Je restais seule avec ma poignée de Kréma goût cerise et je te regardais rêver sur la couverture piquée, devant des vedettes aux coupes de cheveux dynamiques. C'était l'époque où les chanteurs portaient des chemises sans col et des vestes à épaulettes, les chanteuses ressemblaient toutes à Madonna dans Recherche Susan désespérément, avec des mitaines trouées et les cheveux explosés pleins de gel."
-L'adolescence : 
"Mais j’avais seize ans, et s’il y a un âge où il faut faire des efforts, c’est bien, celui-là. A seize ans, la peau n’est pas un rempart assez solide pour se passer de carapace. Il faut des déguisements, des masques, pour supporter le regard des autres sur soi alors qu’on ignore totalement à quoi on peut ressembler."

"Tous les crève-coeurs de l'enfance sont des douleurs saignantes qui se referment et laissent des cicatrices. La sagesse n'est rien d'autre qu'un réseau de stigmates."

Grâce à ce roman, j'inaugure enfin ma participation au challenge de la rentrée littéraire chez Hérisson :
1/7




jeudi 1 décembre 2011

La citation du jeudi

  Je ne crois guère aux beautés qui peu à peu se révèlent, pour peu qu’on les invente ; seules m’emportent les apparitions. Celle-ci me mit à l’instant d’abominables pensées dans le sang. C’est peu dire que c’était un beau morceau. Elle était grande et blanche, c’était du lait. C’était large et riche comme Là-Haut les houris, vaste mais étranglé, avec une taille serrée ; si les bêtes ont un regard qui ne dément par leur corps, c’était une bête ; si les reines ont une façon à elles de porter sur la colonne d’un cou une tête pleine mais pure, clémente mais fatale, c’était la reine. Ce visage royal était nu comme un ventre : là-dedans les yeux très clairs qu’ont miraculeusement des brunes à peau blanche, cette blondeur secrète sous le poil corbeau, cette énigme que rien, si d’aventure vous possédez ces femmes, ni les robes soulevées, ni les cris, ne dénoue. Elle avait entre trente et quarante ans. Tout en elle était connaissance du plaisir, celui sans doute qu’on entend d’habitude, mais celui aussi qu’elle dispensait à tous, à elle-même, à rien quand elle était seule et ne se voyait plus, seulement en posant là le gras de ses doigts, en tournant un peu la tête et alors les sequins d’or qu’elle avait aux oreilles touchaient sa joue, en vous regardant ou en regardant ailleurs, et ce plaisir était vif comme une plaie ; elle savait cela ; elle portait cela avec vaillance, avec passion. Allons, on ne peut en parler ; non, ça n’est pas né de l’argile : c’est comme le battement furieux de milliers d’ailes en tempête et il n’y a pas pourtant de matière plus comble, plus lourde, plus enferrée dans son poids. Le poids de ce mi-corps somme toute gracile en dépit de l’évasement des seins était considérable. Des paquets de cigarettes bien rangés derrière elle l’auréolaient. Je ne voyais pas sa jupe ; c’était pourtant là derrière le comptoir, démesuré, insoulevable. La pluie brusque dehors fouettait les vitres : je l’entendais crépiter sur cette chair intacte.

                                                                                             Pierre Michon, La Grande Beune, édition Folio p.20-21 


Chez Chiffonnette


mercredi 30 novembre 2011

La Grande Beune

Petit livre perdu au milieu de ma PAL. Enfin mes PAL, dispersées un peu partout dans l'appartement : une  au chevet, plusieurs petites sur les bibliothèques, sur la cheminée, le bureau... Hum.

J'aime sortir de l'ombre un de ces livres, voir ce que le hasard me fera découvrir, parfois un livre qui avait été posé là négligemment, puis oublié un temps. En prenant ce roman de Pierre Michon, j'étais contente de ma trouvaille. Déjà parce que l'acquisition de ce livre est un joli souvenir, c'était un cadeau. Ensuite parce que Pierre Michon, c'est l'auteur dont on parle peu, qui parle peu (et moi j'aime les gens silencieux et discrets) mais qui reçoit toujours de beaux éloges des critiques. Alors, autant tester et se faire un avis soi-même sur cet auteur contemporain reconnu.
Première impression sur La Grande Beune, ce court récit publié en 1996 : Pierre Michon a du style. Un beau style littéraire et élégant, la marque de la plume à chaque ligne. Des phrases et des mots tellement pensés, pesés réfléchis pour enfin apposer le bon, le mot juste, comme un scellé sur la page. Des phrases construites avec finesse et grâce. Un style dense mais fluide, qui épouse le mouvement de la rivière éponyme. Ca coule tranquillement, avec de temps à autre, des remous. C'est un réel plaisir pour le lecteur de se laisser emporter dans ce torrent de mots. D'autant plus que le beau style n'est plus si courant... Aux amoureux de la belle langue française : lisez ce livre !
L'histoire : le narrateur est un jeune instituteur muté pour son premier poste dans un village au bord de la Beune, rivière qui coule dans la Dordogne, à Castelnau, près des grottes de Lascaux. Un endroit où les hommes chassent, vivent, s'aiment, se détestent, désirent depuis des milliers d'années. Et les choses ne semblent pas avoir tant évoluées. 
C'est la vie rurale que découvre ce jeune homme de 20 ans : des enfants gentils, mais guère cultivés, un peu lourdauds, un peu rustres. Passionnés de chasse. Conditionnés pour devenir "des hommes". Et la nature tout autour : des plaines, la rivière, les forêts... La pluie, la neige, la brume d'automne, le renouveau printanier (j'imaginais cette région plus ensoleillée, mais dans ce récit il est souvent question de grisaille... je ne me suis pas sentie dépaysée !)
Dans ce village vit Yvonne. C'est la buraliste. Comme un rituel, le narrateur va acheter ses cigarettes régulièrement. Plaisir des yeux, plaisir de voir Yvonne, telle une "Vénus callipyge", dont le narrateur ne voit pourtant que le buste. Plaisir qui devient désir ardent... 
Un monde rural qui sépare les hommes et les femmes, un jeune homme amoureux, une écriture sensuelle. Pas de grandes actions dans ce récit qui reste assez contemplatif, mais aussi hors norme. Comme une petite perle rare qu'on garde précieusement.

Je m'aperçois qu'il n'est pas évident de "résumer" cette histoire... elle n'est pas spécialement résumable. C'est une écriture sensuelle, vive et bestiale, un livre qui se lit mais se raconte très difficilement ! Je ne saurais dire en quoi réside le suspense, mais on ne décroche pas facilement une fois la première phrase commencée. (Comme le livre est court, 80 pages, on n'est pas dérangé pour vite terminer)

Un extrait demain pour la citation du jeudi !

samedi 26 novembre 2011

Ouverture # 7

Ce que sont mes "ouvertures" d'ici et d'ailleurs :
en regardant mes photos de vacances, on m'avait fait remarquer que les portes et fenêtres revenaient très régulièrement dans mes clichés... En m'y penchant de plus près et en remontant les archives des photos plus anciennes, je me suis aperçue qu'en effet ce "thème" apparaissait très souvent... C'est maintenant devenu aussi un jeu, mais spontanément, je me dirige toujours vers ce genre de "poses".  
J'imagine que cela traduit une envie d'ouverture, le désir de pousser la porte pour regarder de l'autre côté, ou la refermer derrière soi : "pour vivre heureux, vivons cachés"...
Chien-assis, claire-voie, vitraux, voûtes, jalousies, persiennes... 
Le doux bonheur de se promener dans une rue déserte d'une ville méditerranéenne, à l'heure de la sieste, lorsque toutes les fenêtres sont fermées à l'espagnolette, un entre-deux où l'on suggère par petites touches la vie quotidienne...
Se demander à quoi peuvent servir cette ouverture, cet arc ici, cette forme de fenêtre là, cette vieille porte sur ce mur délabré qui ne semble plus servir...






"Village perché", Tende, août 2011






lundi 21 novembre 2011

Merci Lili !

J'ai la fâcheuse habitude ne pas ouvrir ma boîte aux lettres tous les jours, l'essentiel des mes correspondants me déclarant surtout leurs factures, je n'ai jamais vraiment hâte de les retrouver !

Mais dimanche, j'ai fait le point sur le courrier de la semaine, et ô surprise : j'ai reçu la grande enveloppe de Lili, qui contenait non seulement le livre La Femme et l'ours, de Philippe Jaenada mais en plus une petite surprise pour accompagner ma lecture : des oursons à la guimauve dans une jolie boîte rose... Toute mon enfance qui remonte la surface ! Rhoooo, un mois avant les fêtes, c'est ma balance qui va grincer des piles... Mais moi je suis fan !
Du coup, un grand merci Lili !


dimanche 20 novembre 2011

Portrait façon Irrégulière...


On n'y échappe pas ! C'est le portrait chinois qui circule en ce moment sur bon nombre de blogs... L'originalité de ce petit exercice d'écriture autobiographique, c'est que le blogueur/la blogueuse choisit les questions... Je joue le jeu avec grand plaisir pour Cultur'elle, dont les propositions sont à souhait "irrégulièresques" !


Si j'étais...

un film : Les Chansons d'amour ou Midnight in Paris.
un mot : solitude. Un mot que je trouve beau dans beaucoup de langues (solitudine, soledad, loneliness). Et parce que c'est important pour moi, que ce n'est pas synonyme de tristesse ou d'ennui. On y entend le début du mot soleil...
une boisson : sans aucune hésitation, le Champagne. Un bon Champagne, chouchouté et fabriqué avec amour par ses producteurs, qui rend euphorique et heureux celui qui le boit. (Il m'était difficile de choisir autre chose, vivant depuis toujours dans le berceau de cette boisson)
un bijou : peu importe la forme, mais un bijou précieux qui ait une valeur sentimentale, une histoire, un sens. 
une femme célèbre : difficile... Allez je me la joue grande star torturée : Marylin. Ou à l'opposé, Maya Angelou, pour ses combats.
un poème : c'est cruel de devoir en élire qu'un seul. Impossible même ! Un poème à Lou d'Apollinaire, un poème d'Aragon dans Les Chambres, un poème de Paul Celan, un feuillet de René Char, une aventure prosaïque de Plume de Michaux...
une déclaration d'amour : une lettre d'amour, tout simplement. Sincère et vraie. Pas un exercice de style. Avec un seul "toujours" et un seul "jamais", car point trop n'en faut avec ces deux-là pour qu'ils aient un sens. 
un végétal : une orchidée, pour sa délicatesse, sa fragilité, sa beauté épurée et sa floraison qui peut durer longtemps si on en prend soin...
une décoration de Noël : la belle étoile argentée qu'on met tout en haut, la décoration la plus sobre. Et à vrai dire, je ne me vois pas écrire "boule" !
une princesse : Shéhérazade... le charme et la beauté d'Orient, la féminité, la séduction et l'intelligence. (Les princesses des contes européens sont souvent un peu nunuches).

Merci l'Irrégulière pour ces choix élégants, culturels et féminins !
Je ne vais pas relancer le jeu car il me semble avoir déjà fait le tour de nombreux blogs ! 

jeudi 17 novembre 2011

La citation du jeudi, avec une certaine émotion

Cioran en papier bible... qui l'eût cru ?

Certainement pas moi durant ma grande période Cioranophile, sorte de "roman d'apprentissage" pour moi, il a constitué une base à partir de laquelle j'ai découvert tout ce qui a été essentiel pour moi en littérature (et l'est encore - mais heureusement, je n'ai pas fini de "découvrir").
Et bien aujourd'hui, jeudi 17 novembre 2011, monsieur Emil Michel Cioran, l'esthète du malheur, le dandy de la fatalité, le chantre du suicide qu'il ne commît jamais (pourquoi demeure une question sans réponse) paraît en Pléiade.
Je ne sais pas qui décide de l'introduction d'un auteur dans la rolls des éditions, mais ce choix  surprenant n'est pas pour me déplaire. Bel hommage à un écrivain qui a mis du temps à être reconnu (et qui peine encore à l'être me semble t-il). Enfin je sais aussi que Cioran a sa part obscure et que cette édition a certainement été l'objet de polémiques. Je ne vais pas m'exprimer sur ce point, de ce que je connais de lui, rien ne m'a choquée, et je ne suis pas non plus "une fanatique", je ne l'adule pas ! 
Mais c'est un écrivain qui m'a apporté énormément à une certaine époque et j'aime y revenir, avec un brin de nostalgie, c'est vrai, mais aussi avec le plaisir de redécouvrir ses aphorismes, dont certains m'impressionnaient surtout par leur concision et leur esthétique, plus que par leur sens profond, que je comprends davantage aujourd'hui ! (A 16 ans on n'est pas sérieux !). 

Concision et efficacité. Le maître de l'aphorisme. Erudition et ascétisme verbal. Le génie en titres : De l'inconvénient d'être né, Précis de décomposition, Des larmes et des saints, Syllogismes de l'amertume, La Tentation d'exister... Ah il le tient bien son filon du désespoir (Sur les cimes du désespoir). Alors on ne rit pas tous les jours, mais on ne se tire pas non plus une balle à chaque mot. Au contraire. C'est un puits de connaissance sur la philosophie, la musique, l'histoire, la religion... On y revient toujours à un moment ou à un autre. Un besoin cioranesque se fait jour dès qu'on y goûte. Le livre de chevet de toute une vie ! 


Assez de palabre... Citations : 

Si l'on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ

Depuis deux mille ans, Jésus se venge sur nous de n'être pas mort sur un canapé.

Et avec quelle quantité d'illusions ai-je dû naître pour pouvoir en perdre une chaque jour ! 
L'art d'aimer ? C'est savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d'une   anémone
 (...)

Chez Chiffonnette 




lundi 14 novembre 2011

Une photo, quelques mots


Cette semaine, je participe pour la première fois à l'atelier d'écriture de Leiloona : le principe, écrire quelques mots à partir d'une photo de Kot.





Le temps d'un trajet...


Nous y sommes.
Le samedi 07/07/07. Ah ah, la blague. Je les imagine : oh oui doudou, pour notre mariage, choisissons une date « spéciale ». Que des milliers d'autres couples choisiront aussi. Bien vue l'originalité. Remarque, le choix vient peut-être de lui, il était quand même assez mièvre. En plus d'être... Ah non, censure-toi ma belle. N'oublie pas ton mantra pour ce week end spécial : pas de rancoeur, pas d'aigreur, c'est leur journée. Et puis ce n'est que le quatrième mariage de l'été. (Bon investissement la petite robe décolletée). C'est ta bande d'amis, enfin ce qu'il reste de l'amitié après 30 ans. Et Sophie est très charmante, brillante dans tout ce qu'elle entreprend. Avec un super boulot, bien sûr. Et hystéro. (heureusement : je veux bien qu'elle soit tout, mais accordons-lui un petit défaut). La crise de jalousie au réveillon l'an dernier. J'étais pas peu fière d'entacher le temps d'une petite heure leur belle histoire, d'être à l'origine de cette scène. Mais, je dois le reconnaître, ces deux-là s'accordent pas trop mal, et ils ont l'air plutôt heureux.

Mariage à chapeaux... Me voici attifée de ce truc immonde sur ma tête. Bien sûr transporter un chapeau ailleurs que sur la tête, dans les transports en commun, c'est un peu mission. Et oui Monsieur se marie à la campagne... ce qui me vaut au moins deux heures de trajet, deux ou trois moyens de transport différents. Et un timing si serré que j'aurais déjà transpiré tous mes pores en arrivant à la cérémonie. Charmant...
Plus les odeurs si suaves qui m'entourent...

Allez, deux arrêts et je rejoins Natacha et Alex. Prépare-toi ... Leurs sourires un peu gênés. D'abord eux, puis tous les autres. Faire bonne figure. Un petit pincement au cœur ? Non, je suis si heureuse pour Guillaume, c'est son jour, ils s'aiment. Il a réussi sa vie. Peut-être que le si est superflu. Tu n'es pas non plus intensément heureuse pour eux. Il a réussi sa vie, tu peux l'enlever aussi. Ca ne veut rien dire ! Se marier, c'est réussir sa vie ? Dire oui, oser prétendre qu'on va s'aimer pour la vie, être amoureux, vivre à deux, c'est réussir sa vie ?... Les lunettes de soleil me seront utiles, je le crains.
Oui, lui et moi ça n'a pas marché. Ce qui nous a manqué, ce qui nous a conduit à l'échec ? Certainement que nous n'étions pas faits l'un pour l'autre, selon le fameux adage. Et pourtant. 4 ans, c'est pas rien. Mais si peu au regard d'un oui éternel. J'ai voulu rester indépendante. J'ai cru que lui aussi. Lui laisser sa liberté. Croire qu'il ne voudrait jamais habiter avec quelqu'un. Encore moins se marier, avoir des enfants. Non, nous n'étions pas ces couples « normaux » et formatés que nous voyions partout. Nous étions complices sur tout. Amants, amis. Rares étaient les disputes, et pourtant. Ne pas se laisser happer par le quotidien, enfin faire semblant de … Mais à trop désirer ne pas ressembler aux autres, à trop se croire « heureux » « parce que nous on sait s'aimer », on s'est perdus. On n'a pas su protéger l'autre. Pas de solidité. Finalement, c'était du friable. Il a suffi de pas grand chose pour que tout s'écroule. Une séparation géographique de quelques mois.
Et moi. Toujours à jouer la fille forte. Non je n'ai pas de peine. A moi la belle vie ! La belle vie dans 40 m2 parce qu'on vit seule, à paratger la plupart de mes repas avec M. Picard. A passer un week end entier en regardant « In treatment » (tout-va-bien donc), avec pour seule sortie des 4 murs l'ami cuistot. Ahhhh oui je me suis remise. Oui c'est de l'histoire ancienne, j'avance. Tout le monde avance.
Tiens, au fait, que m'ont-ils réservé ? Table des célibataires ? Table des enfants ?!!! Ah caser la vieille copine (et ex) célibataire-et-plus-de-30-ans sur le plan de table, j'imagine le casse tête... Allez il y aura bien un cousin éloigné de Dame Sophie qui lui aussi sera un cœur à prendre. Peut-être même beau gosse...

Prochain arrêt :

« - Pardon, je descends... »

vendredi 11 novembre 2011

Un long dimanche de fiançailles

Billet adéquat pour ce 11 novembre puisque c'est du roman de Sébastien Japrisot  dont je vais parler aujourd'hui.  J'avais lu un très court extrait par hasard (l'incipit je crois) et ces quelques lignes m'avaient donné envie d'en connaître davantage. C'était une vraie découverte car je n'avais pas non plus vu le film (non je ne vis pas cachée dans une grotte depuis 10 ans !). Je savais seulement que l'histoire se déroulait pendant la première guerre mondiale, et il s'avère que j'aime les livres qui évoquent cette période (mon chouchou étant Apollinaire lorsqu'il évoque cette guerre : les lettres et les poèmes à Lou et à Madeleine que je pourrais relire tous les ans).
Et bien ce roman, Un long dimanche de fiançailles que j'ai dévoré d'une traite, c'est un vrai coup de coeur.

C'est un roman à suspense, qui multiplie les genres : à la fois roman historique, enquête policière bien ficelée, et une histoire d'amour ! Et les trois aspects sont réussis, tous les ingrédients pour faire "un bon roman".

Tranchée de Bingo Crépuscule, 6 janvier 1917 : 5 soldats sont condamnés à mort, accusés de s'être volontairement mutilés. Ils seront jetés dans le no man's land, les mains attachés dans le dos, mourront soit tués par l'ennemi d'en face ou de froid et de faim, puisqu'en janvier, dans la Somme, ce n'est pas les grandes chaleurs.
Ces 5 poilus sont des hommes originaires de lieux et de conditions sociales différents, qui ne se connaissaient pas, mais tous réunis au derniers instants de leur vie, pour souffrir et mourir. Un paysan de la Dordogne, un menuisier parisien, un ouvrier de Bagneux, un bandit marseillais et le plus jeune d'entre eux, surnommé le Bleuet, d'à peine 16 ans, enfant jeté dans la violence et la férocité de cette guerre qui lui a fait perdre la raison.
1920, soit deux après la fin de cette saleté de guerre, Mathilde, la fiancée de Manech, dit le Bleuet, décide d'enquêter pour résoudre le mystère de cette mort. Elle est intimement persuadée que son fiancé n'est pas mort ce lundi matin de janvier 17. Elle remonte le fil de l'Histoire mais aussi celui des histoires personnelles de ces cinq soldats, qui avaient tous une vie avant... elle ne sera pas la seule à enquêter...
Beaucoup d'alternance de points de vue dans ce roman foisonnant, des échanges de lettres, de morceaux de vie, toute une galerie de personnages, de figures toutes touchantes. Formidable enquête géographique et historique que mène tambour battant Mathilde, en fauteuil roulant, avec le fil de l'espoir toujours, envers et contre tous, pendant toutes ces années. Ce fil qu'elle ne veut pas rompre avant d'en avoir le coeur net, avant de savoir ce qui s'est réellement passé en janvier 17 à Bingo Crépuscule (le nom de cette tranchée est aussi un mystère à éclaircir). Pas un instant d'ennui, le suspense fonctionne à merveille. On jongle dans la temporalité du roman, qui n'est pas linéaire, dans les petites histoires de chacun de ces personnages. Ce roman dit également toute la dureté de cette guerre tellement injuste et meurtrière, ces poilus embourbés et enlisés qui tentent de se battre sans plus trop savoir pourquoi, pour qui... la boue, le froid, le barda, la misère, la faim, le désespoir. Saleté de guerre oui.
Coup de coeur aussi pour la voix du narrateur extérieur, qui a une tonalité particulière et qui, lui aussi, sait nous emmener dans son histoire.

J'ai regardé le film de Jeunet après, beaucoup de différences avec le roman (en premier lieu, l'infirmité amoindrie de Mathilde), mais je trouve l'adaptation réussie... Il est bien rare que je dise cela de l'adaptation d'un roman ! Le style cinématographique de Jeunet s'accorde bien avec cette enquête originale. Bref, lisez le livre, regardez le film. A lire : l'avis de  Leiloona !


Et hommage :




lundi 7 novembre 2011

Je suis une twitto !

Enfin je découvre -un peu 10 après tout le monde, mais je crois que c'est encore d'actualité- le wonderful world de Twitter. J'apprends une nouvelle langue, j'ai commencé ma fiche de voc pour l'apprivoiser (et pour cela, je m'aide de cette page) ! Je vais pouvoir twitter, follower et être followed, organiser des twunch avec mes nouveaux amis twittos, #FF@machin, RT xy, etc.  Oui bon, j'ai encore du travail pour intégrer les codes de ce tout nouveau mode de communication  ! 


A première vue, ça a l'air assez pratique pour suivre follow les blogs que j'aime lire, avoir les actualités mondiales en AVANT-PREMIERE (moi qui avais justement décidé hier de m'isoler pour ne plus écouter les actualités parce que trop déprimantes... j'en redemande). 

A moi la belle vie de twitteuse (ahm, j'ai l'impression que ce mot, on ne l'utilise pas).

J'ai pas bien tout compris quand même, mes débuts risquent d'être chaotiques... 

Un bon article sur le sujet :
http://www.telerama.fr/techno/toi-aussi-deviens-un-twitto,70939.php

dimanche 6 novembre 2011

Lucky...


Il est bien rare que je sois chanceuse, je me classerai plutôt dans les catégories "loseuse/truffades en tout genre". Mais une fois n'est pas coutume, j'ai gagné aujourd'hui ! Grâce à Lili qui fêtait les 2 ans de son chouette blog de lecture... sur lequel on trouve toujours de bonnes idées pour agrandir sa PAL (vilaine tentatrice), et tout plein d'avis de lecture intéressants, car miss Lili est une vraie lectrice et blogueuse compulsive... (ce que je suis encore bien loin d'être -pour le côté blogueuse- même si aujourd'hui, jour à marquer d'une belle pierre blanche, j'ai posté 2 billets !) J'aime beaucoup les goûts de Lili... et nous avons pas mal d'affinités littéraires, je suis donc encore plus contente d'avoir gagné chez elle. 
J'ai poussé un grand cri de joie toute seule devant mon écran quand j'ai vu mon nom en rose... Alors c'est pas le loto, ok, mais je vais peut-être m'y mettre...


J'ai donc l'honneur de recevoir prochainement le dernier livre de Philippe Jaenada, La femme et l'ours, ce qui tombe très bien car :
1. Comme Lili, c'est un auteur que j'aime beaucoup, d'ailleurs une petite chronique traîne ici sur un de ses romans
2. Le titre annonce un bel horizon d'attente... tout en me laissant assez songeuse sur le thème du roman !
3. Je pourrai avancer le challenge 1% de la rentrée littéraire (au point mort pour l'instant, cause entorse du poignet lecture interminable de Freedom)


Un grand merci dear Lili, tes mains innocentes ont illuminé ce dimanche bien gris ! Continue longtemps à partager tes lectures ! Trinquons ensemble à cet anniversaire :