mercredi 17 août 2011

Départ imminent

La sélection est faite, le départ imminent...

  
Un Long dimanche de fiançailles, Battement d'ailes, Des yeux de soie, Dead boys, Alice au pays des merveilles (abrégé)

Compte rendu dans une dizaine de jours !


Bonnes vacances, et bonne lecture !
Ciao ciao...



mardi 16 août 2011

Dans ma valise...

Petite délectation et doux bonheur de (re)partir en vacances quand tout le monde rentre... (Oui en plus j'ajoute un re pour frimer encore un peu plus). En même temps, il faut avoir souffert les dix derniers jours de désert urbain en pleine période estivale pour prétendre à cette satisfaction. Mener une vie sociale dans sa propre ville (qui n'est pas une ville au bord de la mer, ni à la montagne, ni une capitale, bref l'ennui d'été y est légion) en plein mois d'août est un véritable défi. "Désolée, je suis en vacances/overbook (je l'aime beaucoup celle-ci)/ma grand-mère est malade/mon chien est mort/je fais ma retraite annuelle au monastère". Heureusment la médiathèque était bien là (avec plein de films enfin dispos...), les Fipettes ne prennent pas de vacances non plus et cette solitude a été un moment fructueux pour écouler un peu ma PAL. Euh, plutôt ranger mes PAL et faire de la place pour les nouveaux achats (car malheureusement les librairies n'étaient pas en vacances non plus).

Tout ce bavardage pour dire que je pars en Sardaigne incessamment sous peu et que l'heure est à la préparation de la valise. Plus exactement l'épineux moment du choix des livres à emmener en vacances qui se révèle être un lonnng moment de réflexion. Je m'y prends donc à l'avance !
Un peu de léger, mais quand même quelque chose qui tienne la route pour les heures d'avion (et plus encore pour les heures d'attente des escales - c'est bien de voyager en low cost, mais ça coûte cher en livres, et en sandwich - finalement ... bon bref). Toujours un petit receuil de nouvelles, ce qui permet de s'isoler pour lire sans passer pour une autiste... De l'amouuuuuur, parce que le soleil, les belles plages, les vagues, ...

Sont donc nommés pour concourrir à voyager en Sardaigne et peut-être avoir l'immense plaisir d'être lu sur une magnifique plage de sable blanc ou sur un rocher au milieu des montagnes et des ânes :

Dans la série les-petites-nouvelles-que-j'emmène-partout :
Dead Boys Richard Lange
Des yeux de soie Sagan

Dans la série le-livre-qu'on-ne-quitte-pas :
Un long dimanche de fiançailles Japrisot
Frida Khalo par Frida Khalo (lettres)
Le Bruit et la fureur  Faulkner (sachant qu'il m'est déjà tombé des mains deux ou trois fois... il est peut-être pas dans la bonne catégorie, mais parfois, les histoires de timing, toussa toussa...)
Cotton Point, Pete Dexter

Dans la série le-livre-pour-réfléchir-un-peu :
Socrate Jésus Bouddha Frédéric Lenoir
l'autobio de Simone Veil. (livre à finir...)

M'est avis que la dernière catégorie va sauter !

Hors course :
Battement d'aile Milena Agus (celui-ci, c'est sûr, je l'emmène, l'auteur est sarde)
Le guide du Routard !

Rendez-vous mercredi pour le verdict 




lundi 15 août 2011

Ouverture # 5

 15 août...



Scicli, église abandonnée, Sicile, 2008

vendredi 12 août 2011

La citation du jeudi, encore vendredi...

Puisque j'ai parlé du Tigre Blanc hier, je vais citer quelques extraits aujourd'hui... (Et de nouveau je décale la citation du jeudi !)


" Toi, petit, au milieu de cette bande d'abrutis, tu es un garçon intelligent, honnête et vif. Dans la jungle, quel est l'animal le plus rare ? Celui qui ne se présente qu'une fois par génération ? "
Je réfléchis un instant avant de répondre.
" Le Tigre blanc.
- C'est ce que tu es, dans cette jungle-ci. "


Le corps d'un homme riche ressemble à un oreiller en coton de première qualité : blanc, doux et lisse. Le nôtre est différent. La colonne vertébrale de mon père était une corde à nœuds, semblable à celle utilisée par les femmes à la campagne pour tirer l'eau du puits. Ses clavicules saillaient en haut relief, à la façon d'un collier de chien. Des coupures, des entailles et des cicatrices, pareilles à des marques de fouet dans sa chair, couraient sur son torse et sa taille, et jusque sous ses hanches, sur les fesses. L'histoire d'un homme pauvre s'inscrit dans son corps avec un stylo à la pointe aiguisée.
Aravind Adiga, Le Tigre blanc, Editions Buchet/Chastel, poche 10/18, page 44 et 36

jeudi 11 août 2011


ATTENTION ARTICLE UN PEU LONGUET !

Le Tigre blanc est un premier roman indien (écrit en anglais) du journaliste et écrivain Aravind Adiga,  lauréat du Booker Prize en 2008, rien de moins...
J'ai récemment voyagé en Inde du Nord, d'où la présence de quelques articles en lien avec ce pays depuis. C'était un voyage déroutant et très perturbant, beaucoup d'émotions intenses et extrêmes face à tout ce qu'on peut y voir... admiration, indignation, révolte. En un temps très court (2 semaines), ces sensations sont difficiles à assimiler et il en reste quelque chose encore longtemps après. Je reviendrai un peu plus tard, dans d'autres articles sur ce voyage. Revenons à notre roman : je l'avais emmené en Inde (ce plaisir à lire des livres qui se passent dans le lieu où nous voyageons), mais les émotions étant déjà si intenses, j'avais besoin de lectures plus aérantes. Je l'ai donc laissé de côté et l'ai lu cet été, alors que mes souvenirs de Dehli, Varanasi et du Taj Mahal sont encore bien frais et plutôt intacts. 

Le roman est divisé en sept nuits, sept nuits durant lesquelles le narrateur, Balram Halwai, va écrire sept lettres (ou une grande lettre (300 pages au bas mot, trèèès longue lettre) divisée en sept parties) adressées au Premier Ministre Chinois qui doit se rendre en voyage d'affaire à Bangalore. Balram s'adresse à lui pour lui dire la vérité sur Bangalore, et sur l'Inde, lui faire connaître la société indienne telle qu'elle est vraiment. Balram est un entrepreneur installé à Bangalore... il va raconter son ascension sociale dans ce système tellement archaïque et corrompu. Le roman est acerbe, violent et cynique. Pas de complaisance, on est loin, très loin, de la belle carte postale de l'Inde paisible, de la plus grande démocratie du monde, de Gandhi rassemblant les foules, d'un peuple uni et heureux. La vérité, c'est le système des castes qui empoisonne tout, c'est aussi la simple division selon Balram, entre "les ventres creux" et "les ventres bedonnants", et la quasi impossibilité de devenir un ventre gras lorsqu'on naît ventre creux. Aussi réducteur que cela puisse paraître, c'est une image tout à fait réaliste, dont on se rend rapidement compte sur place. De même la jolie carte postale s'efface vite au profit d'une réalité complexe et tout en contraste.  Le revers de la plus grande démocratie...
Le propos de Balram, c'est comment réussir quand on est considéré comme rien, quand on est un simple chauffeur, serviteur... Donc vivre dans des conditions déplorables et dans un asservissement total au Maître. Balram poursuivra ses objectifs et à force de patience et de témérité, il atteindra son but : devenir indépendant, riche, et entrepreneur. Mais aussi au prix d'un meurtre... cependant, Balram a t-il eu le choix ?
Ces lettres sont écrites la nuit, à la faible lueur d'une lampe de bureau. L'Inde qui est montrée, c'est l'Inde de la nuit, celle des Ténèbres. Celle que le voyageur peut observer lors d'un trajet en rickshaw traversant Old Dehli à la tombée de la nuit pour se rendre à la gare, course qui montre tout l'envers du décor : une fourmilière assourdissante. Partout des gens qui courent, qui portent, suent, souffrent, crient,  klaxonnent, roulent, chargent, déchargent, soulèvent, payent, se font payer. Un mouvement permanent. Et une pauvreté glaçante. Tous ces hommes sont voûtés, décharnés, marqués par le temps. Leur donner un âge est impossible. A se demander comment ils portent, tirent, poussent, soulèvent toutes ces charges en étant si faibles. La réponse est évidente et simple : ils n'ont pas le choix.

C'est bien cette Inde là que montre Aravind Adiga. De nombreuses fois, le lecteur est écœuré et révolté... troublé et dérangé. Puisque totalement impuissant et partie prenante, à son insu, de ce désastre. La morale est tout à fait dérangeante et amorale, mais c'est là une photographie d'une partie du monde dans les années 2000. J'aime être dérangée et bousculée par une lecture, saisie, qu'elle me laisse un goût tel qu'il soit. L'amertume ici.

Pour balancer la noirceur du portrait de l'Inde... le plus bel édifice du monde.