mercredi 30 novembre 2011

La Grande Beune

Petit livre perdu au milieu de ma PAL. Enfin mes PAL, dispersées un peu partout dans l'appartement : une  au chevet, plusieurs petites sur les bibliothèques, sur la cheminée, le bureau... Hum.

J'aime sortir de l'ombre un de ces livres, voir ce que le hasard me fera découvrir, parfois un livre qui avait été posé là négligemment, puis oublié un temps. En prenant ce roman de Pierre Michon, j'étais contente de ma trouvaille. Déjà parce que l'acquisition de ce livre est un joli souvenir, c'était un cadeau. Ensuite parce que Pierre Michon, c'est l'auteur dont on parle peu, qui parle peu (et moi j'aime les gens silencieux et discrets) mais qui reçoit toujours de beaux éloges des critiques. Alors, autant tester et se faire un avis soi-même sur cet auteur contemporain reconnu.
Première impression sur La Grande Beune, ce court récit publié en 1996 : Pierre Michon a du style. Un beau style littéraire et élégant, la marque de la plume à chaque ligne. Des phrases et des mots tellement pensés, pesés réfléchis pour enfin apposer le bon, le mot juste, comme un scellé sur la page. Des phrases construites avec finesse et grâce. Un style dense mais fluide, qui épouse le mouvement de la rivière éponyme. Ca coule tranquillement, avec de temps à autre, des remous. C'est un réel plaisir pour le lecteur de se laisser emporter dans ce torrent de mots. D'autant plus que le beau style n'est plus si courant... Aux amoureux de la belle langue française : lisez ce livre !
L'histoire : le narrateur est un jeune instituteur muté pour son premier poste dans un village au bord de la Beune, rivière qui coule dans la Dordogne, à Castelnau, près des grottes de Lascaux. Un endroit où les hommes chassent, vivent, s'aiment, se détestent, désirent depuis des milliers d'années. Et les choses ne semblent pas avoir tant évoluées. 
C'est la vie rurale que découvre ce jeune homme de 20 ans : des enfants gentils, mais guère cultivés, un peu lourdauds, un peu rustres. Passionnés de chasse. Conditionnés pour devenir "des hommes". Et la nature tout autour : des plaines, la rivière, les forêts... La pluie, la neige, la brume d'automne, le renouveau printanier (j'imaginais cette région plus ensoleillée, mais dans ce récit il est souvent question de grisaille... je ne me suis pas sentie dépaysée !)
Dans ce village vit Yvonne. C'est la buraliste. Comme un rituel, le narrateur va acheter ses cigarettes régulièrement. Plaisir des yeux, plaisir de voir Yvonne, telle une "Vénus callipyge", dont le narrateur ne voit pourtant que le buste. Plaisir qui devient désir ardent... 
Un monde rural qui sépare les hommes et les femmes, un jeune homme amoureux, une écriture sensuelle. Pas de grandes actions dans ce récit qui reste assez contemplatif, mais aussi hors norme. Comme une petite perle rare qu'on garde précieusement.

Je m'aperçois qu'il n'est pas évident de "résumer" cette histoire... elle n'est pas spécialement résumable. C'est une écriture sensuelle, vive et bestiale, un livre qui se lit mais se raconte très difficilement ! Je ne saurais dire en quoi réside le suspense, mais on ne décroche pas facilement une fois la première phrase commencée. (Comme le livre est court, 80 pages, on n'est pas dérangé pour vite terminer)

Un extrait demain pour la citation du jeudi !

samedi 26 novembre 2011

Ouverture # 7

Ce que sont mes "ouvertures" d'ici et d'ailleurs :
en regardant mes photos de vacances, on m'avait fait remarquer que les portes et fenêtres revenaient très régulièrement dans mes clichés... En m'y penchant de plus près et en remontant les archives des photos plus anciennes, je me suis aperçue qu'en effet ce "thème" apparaissait très souvent... C'est maintenant devenu aussi un jeu, mais spontanément, je me dirige toujours vers ce genre de "poses".  
J'imagine que cela traduit une envie d'ouverture, le désir de pousser la porte pour regarder de l'autre côté, ou la refermer derrière soi : "pour vivre heureux, vivons cachés"...
Chien-assis, claire-voie, vitraux, voûtes, jalousies, persiennes... 
Le doux bonheur de se promener dans une rue déserte d'une ville méditerranéenne, à l'heure de la sieste, lorsque toutes les fenêtres sont fermées à l'espagnolette, un entre-deux où l'on suggère par petites touches la vie quotidienne...
Se demander à quoi peuvent servir cette ouverture, cet arc ici, cette forme de fenêtre là, cette vieille porte sur ce mur délabré qui ne semble plus servir...






"Village perché", Tende, août 2011






lundi 21 novembre 2011

Merci Lili !

J'ai la fâcheuse habitude ne pas ouvrir ma boîte aux lettres tous les jours, l'essentiel des mes correspondants me déclarant surtout leurs factures, je n'ai jamais vraiment hâte de les retrouver !

Mais dimanche, j'ai fait le point sur le courrier de la semaine, et ô surprise : j'ai reçu la grande enveloppe de Lili, qui contenait non seulement le livre La Femme et l'ours, de Philippe Jaenada mais en plus une petite surprise pour accompagner ma lecture : des oursons à la guimauve dans une jolie boîte rose... Toute mon enfance qui remonte la surface ! Rhoooo, un mois avant les fêtes, c'est ma balance qui va grincer des piles... Mais moi je suis fan !
Du coup, un grand merci Lili !


dimanche 20 novembre 2011

Portrait façon Irrégulière...


On n'y échappe pas ! C'est le portrait chinois qui circule en ce moment sur bon nombre de blogs... L'originalité de ce petit exercice d'écriture autobiographique, c'est que le blogueur/la blogueuse choisit les questions... Je joue le jeu avec grand plaisir pour Cultur'elle, dont les propositions sont à souhait "irrégulièresques" !


Si j'étais...

un film : Les Chansons d'amour ou Midnight in Paris.
un mot : solitude. Un mot que je trouve beau dans beaucoup de langues (solitudine, soledad, loneliness). Et parce que c'est important pour moi, que ce n'est pas synonyme de tristesse ou d'ennui. On y entend le début du mot soleil...
une boisson : sans aucune hésitation, le Champagne. Un bon Champagne, chouchouté et fabriqué avec amour par ses producteurs, qui rend euphorique et heureux celui qui le boit. (Il m'était difficile de choisir autre chose, vivant depuis toujours dans le berceau de cette boisson)
un bijou : peu importe la forme, mais un bijou précieux qui ait une valeur sentimentale, une histoire, un sens. 
une femme célèbre : difficile... Allez je me la joue grande star torturée : Marylin. Ou à l'opposé, Maya Angelou, pour ses combats.
un poème : c'est cruel de devoir en élire qu'un seul. Impossible même ! Un poème à Lou d'Apollinaire, un poème d'Aragon dans Les Chambres, un poème de Paul Celan, un feuillet de René Char, une aventure prosaïque de Plume de Michaux...
une déclaration d'amour : une lettre d'amour, tout simplement. Sincère et vraie. Pas un exercice de style. Avec un seul "toujours" et un seul "jamais", car point trop n'en faut avec ces deux-là pour qu'ils aient un sens. 
un végétal : une orchidée, pour sa délicatesse, sa fragilité, sa beauté épurée et sa floraison qui peut durer longtemps si on en prend soin...
une décoration de Noël : la belle étoile argentée qu'on met tout en haut, la décoration la plus sobre. Et à vrai dire, je ne me vois pas écrire "boule" !
une princesse : Shéhérazade... le charme et la beauté d'Orient, la féminité, la séduction et l'intelligence. (Les princesses des contes européens sont souvent un peu nunuches).

Merci l'Irrégulière pour ces choix élégants, culturels et féminins !
Je ne vais pas relancer le jeu car il me semble avoir déjà fait le tour de nombreux blogs ! 

jeudi 17 novembre 2011

La citation du jeudi, avec une certaine émotion

Cioran en papier bible... qui l'eût cru ?

Certainement pas moi durant ma grande période Cioranophile, sorte de "roman d'apprentissage" pour moi, il a constitué une base à partir de laquelle j'ai découvert tout ce qui a été essentiel pour moi en littérature (et l'est encore - mais heureusement, je n'ai pas fini de "découvrir").
Et bien aujourd'hui, jeudi 17 novembre 2011, monsieur Emil Michel Cioran, l'esthète du malheur, le dandy de la fatalité, le chantre du suicide qu'il ne commît jamais (pourquoi demeure une question sans réponse) paraît en Pléiade.
Je ne sais pas qui décide de l'introduction d'un auteur dans la rolls des éditions, mais ce choix  surprenant n'est pas pour me déplaire. Bel hommage à un écrivain qui a mis du temps à être reconnu (et qui peine encore à l'être me semble t-il). Enfin je sais aussi que Cioran a sa part obscure et que cette édition a certainement été l'objet de polémiques. Je ne vais pas m'exprimer sur ce point, de ce que je connais de lui, rien ne m'a choquée, et je ne suis pas non plus "une fanatique", je ne l'adule pas ! 
Mais c'est un écrivain qui m'a apporté énormément à une certaine époque et j'aime y revenir, avec un brin de nostalgie, c'est vrai, mais aussi avec le plaisir de redécouvrir ses aphorismes, dont certains m'impressionnaient surtout par leur concision et leur esthétique, plus que par leur sens profond, que je comprends davantage aujourd'hui ! (A 16 ans on n'est pas sérieux !). 

Concision et efficacité. Le maître de l'aphorisme. Erudition et ascétisme verbal. Le génie en titres : De l'inconvénient d'être né, Précis de décomposition, Des larmes et des saints, Syllogismes de l'amertume, La Tentation d'exister... Ah il le tient bien son filon du désespoir (Sur les cimes du désespoir). Alors on ne rit pas tous les jours, mais on ne se tire pas non plus une balle à chaque mot. Au contraire. C'est un puits de connaissance sur la philosophie, la musique, l'histoire, la religion... On y revient toujours à un moment ou à un autre. Un besoin cioranesque se fait jour dès qu'on y goûte. Le livre de chevet de toute une vie ! 


Assez de palabre... Citations : 

Si l'on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ

Depuis deux mille ans, Jésus se venge sur nous de n'être pas mort sur un canapé.

Et avec quelle quantité d'illusions ai-je dû naître pour pouvoir en perdre une chaque jour ! 
L'art d'aimer ? C'est savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d'une   anémone
 (...)

Chez Chiffonnette 




lundi 14 novembre 2011

Une photo, quelques mots


Cette semaine, je participe pour la première fois à l'atelier d'écriture de Leiloona : le principe, écrire quelques mots à partir d'une photo de Kot.





Le temps d'un trajet...


Nous y sommes.
Le samedi 07/07/07. Ah ah, la blague. Je les imagine : oh oui doudou, pour notre mariage, choisissons une date « spéciale ». Que des milliers d'autres couples choisiront aussi. Bien vue l'originalité. Remarque, le choix vient peut-être de lui, il était quand même assez mièvre. En plus d'être... Ah non, censure-toi ma belle. N'oublie pas ton mantra pour ce week end spécial : pas de rancoeur, pas d'aigreur, c'est leur journée. Et puis ce n'est que le quatrième mariage de l'été. (Bon investissement la petite robe décolletée). C'est ta bande d'amis, enfin ce qu'il reste de l'amitié après 30 ans. Et Sophie est très charmante, brillante dans tout ce qu'elle entreprend. Avec un super boulot, bien sûr. Et hystéro. (heureusement : je veux bien qu'elle soit tout, mais accordons-lui un petit défaut). La crise de jalousie au réveillon l'an dernier. J'étais pas peu fière d'entacher le temps d'une petite heure leur belle histoire, d'être à l'origine de cette scène. Mais, je dois le reconnaître, ces deux-là s'accordent pas trop mal, et ils ont l'air plutôt heureux.

Mariage à chapeaux... Me voici attifée de ce truc immonde sur ma tête. Bien sûr transporter un chapeau ailleurs que sur la tête, dans les transports en commun, c'est un peu mission. Et oui Monsieur se marie à la campagne... ce qui me vaut au moins deux heures de trajet, deux ou trois moyens de transport différents. Et un timing si serré que j'aurais déjà transpiré tous mes pores en arrivant à la cérémonie. Charmant...
Plus les odeurs si suaves qui m'entourent...

Allez, deux arrêts et je rejoins Natacha et Alex. Prépare-toi ... Leurs sourires un peu gênés. D'abord eux, puis tous les autres. Faire bonne figure. Un petit pincement au cœur ? Non, je suis si heureuse pour Guillaume, c'est son jour, ils s'aiment. Il a réussi sa vie. Peut-être que le si est superflu. Tu n'es pas non plus intensément heureuse pour eux. Il a réussi sa vie, tu peux l'enlever aussi. Ca ne veut rien dire ! Se marier, c'est réussir sa vie ? Dire oui, oser prétendre qu'on va s'aimer pour la vie, être amoureux, vivre à deux, c'est réussir sa vie ?... Les lunettes de soleil me seront utiles, je le crains.
Oui, lui et moi ça n'a pas marché. Ce qui nous a manqué, ce qui nous a conduit à l'échec ? Certainement que nous n'étions pas faits l'un pour l'autre, selon le fameux adage. Et pourtant. 4 ans, c'est pas rien. Mais si peu au regard d'un oui éternel. J'ai voulu rester indépendante. J'ai cru que lui aussi. Lui laisser sa liberté. Croire qu'il ne voudrait jamais habiter avec quelqu'un. Encore moins se marier, avoir des enfants. Non, nous n'étions pas ces couples « normaux » et formatés que nous voyions partout. Nous étions complices sur tout. Amants, amis. Rares étaient les disputes, et pourtant. Ne pas se laisser happer par le quotidien, enfin faire semblant de … Mais à trop désirer ne pas ressembler aux autres, à trop se croire « heureux » « parce que nous on sait s'aimer », on s'est perdus. On n'a pas su protéger l'autre. Pas de solidité. Finalement, c'était du friable. Il a suffi de pas grand chose pour que tout s'écroule. Une séparation géographique de quelques mois.
Et moi. Toujours à jouer la fille forte. Non je n'ai pas de peine. A moi la belle vie ! La belle vie dans 40 m2 parce qu'on vit seule, à paratger la plupart de mes repas avec M. Picard. A passer un week end entier en regardant « In treatment » (tout-va-bien donc), avec pour seule sortie des 4 murs l'ami cuistot. Ahhhh oui je me suis remise. Oui c'est de l'histoire ancienne, j'avance. Tout le monde avance.
Tiens, au fait, que m'ont-ils réservé ? Table des célibataires ? Table des enfants ?!!! Ah caser la vieille copine (et ex) célibataire-et-plus-de-30-ans sur le plan de table, j'imagine le casse tête... Allez il y aura bien un cousin éloigné de Dame Sophie qui lui aussi sera un cœur à prendre. Peut-être même beau gosse...

Prochain arrêt :

« - Pardon, je descends... »

vendredi 11 novembre 2011

Un long dimanche de fiançailles

Billet adéquat pour ce 11 novembre puisque c'est du roman de Sébastien Japrisot  dont je vais parler aujourd'hui.  J'avais lu un très court extrait par hasard (l'incipit je crois) et ces quelques lignes m'avaient donné envie d'en connaître davantage. C'était une vraie découverte car je n'avais pas non plus vu le film (non je ne vis pas cachée dans une grotte depuis 10 ans !). Je savais seulement que l'histoire se déroulait pendant la première guerre mondiale, et il s'avère que j'aime les livres qui évoquent cette période (mon chouchou étant Apollinaire lorsqu'il évoque cette guerre : les lettres et les poèmes à Lou et à Madeleine que je pourrais relire tous les ans).
Et bien ce roman, Un long dimanche de fiançailles que j'ai dévoré d'une traite, c'est un vrai coup de coeur.

C'est un roman à suspense, qui multiplie les genres : à la fois roman historique, enquête policière bien ficelée, et une histoire d'amour ! Et les trois aspects sont réussis, tous les ingrédients pour faire "un bon roman".

Tranchée de Bingo Crépuscule, 6 janvier 1917 : 5 soldats sont condamnés à mort, accusés de s'être volontairement mutilés. Ils seront jetés dans le no man's land, les mains attachés dans le dos, mourront soit tués par l'ennemi d'en face ou de froid et de faim, puisqu'en janvier, dans la Somme, ce n'est pas les grandes chaleurs.
Ces 5 poilus sont des hommes originaires de lieux et de conditions sociales différents, qui ne se connaissaient pas, mais tous réunis au derniers instants de leur vie, pour souffrir et mourir. Un paysan de la Dordogne, un menuisier parisien, un ouvrier de Bagneux, un bandit marseillais et le plus jeune d'entre eux, surnommé le Bleuet, d'à peine 16 ans, enfant jeté dans la violence et la férocité de cette guerre qui lui a fait perdre la raison.
1920, soit deux après la fin de cette saleté de guerre, Mathilde, la fiancée de Manech, dit le Bleuet, décide d'enquêter pour résoudre le mystère de cette mort. Elle est intimement persuadée que son fiancé n'est pas mort ce lundi matin de janvier 17. Elle remonte le fil de l'Histoire mais aussi celui des histoires personnelles de ces cinq soldats, qui avaient tous une vie avant... elle ne sera pas la seule à enquêter...
Beaucoup d'alternance de points de vue dans ce roman foisonnant, des échanges de lettres, de morceaux de vie, toute une galerie de personnages, de figures toutes touchantes. Formidable enquête géographique et historique que mène tambour battant Mathilde, en fauteuil roulant, avec le fil de l'espoir toujours, envers et contre tous, pendant toutes ces années. Ce fil qu'elle ne veut pas rompre avant d'en avoir le coeur net, avant de savoir ce qui s'est réellement passé en janvier 17 à Bingo Crépuscule (le nom de cette tranchée est aussi un mystère à éclaircir). Pas un instant d'ennui, le suspense fonctionne à merveille. On jongle dans la temporalité du roman, qui n'est pas linéaire, dans les petites histoires de chacun de ces personnages. Ce roman dit également toute la dureté de cette guerre tellement injuste et meurtrière, ces poilus embourbés et enlisés qui tentent de se battre sans plus trop savoir pourquoi, pour qui... la boue, le froid, le barda, la misère, la faim, le désespoir. Saleté de guerre oui.
Coup de coeur aussi pour la voix du narrateur extérieur, qui a une tonalité particulière et qui, lui aussi, sait nous emmener dans son histoire.

J'ai regardé le film de Jeunet après, beaucoup de différences avec le roman (en premier lieu, l'infirmité amoindrie de Mathilde), mais je trouve l'adaptation réussie... Il est bien rare que je dise cela de l'adaptation d'un roman ! Le style cinématographique de Jeunet s'accorde bien avec cette enquête originale. Bref, lisez le livre, regardez le film. A lire : l'avis de  Leiloona !


Et hommage :




lundi 7 novembre 2011

Je suis une twitto !

Enfin je découvre -un peu 10 après tout le monde, mais je crois que c'est encore d'actualité- le wonderful world de Twitter. J'apprends une nouvelle langue, j'ai commencé ma fiche de voc pour l'apprivoiser (et pour cela, je m'aide de cette page) ! Je vais pouvoir twitter, follower et être followed, organiser des twunch avec mes nouveaux amis twittos, #FF@machin, RT xy, etc.  Oui bon, j'ai encore du travail pour intégrer les codes de ce tout nouveau mode de communication  ! 


A première vue, ça a l'air assez pratique pour suivre follow les blogs que j'aime lire, avoir les actualités mondiales en AVANT-PREMIERE (moi qui avais justement décidé hier de m'isoler pour ne plus écouter les actualités parce que trop déprimantes... j'en redemande). 

A moi la belle vie de twitteuse (ahm, j'ai l'impression que ce mot, on ne l'utilise pas).

J'ai pas bien tout compris quand même, mes débuts risquent d'être chaotiques... 

Un bon article sur le sujet :
http://www.telerama.fr/techno/toi-aussi-deviens-un-twitto,70939.php

dimanche 6 novembre 2011

Lucky...


Il est bien rare que je sois chanceuse, je me classerai plutôt dans les catégories "loseuse/truffades en tout genre". Mais une fois n'est pas coutume, j'ai gagné aujourd'hui ! Grâce à Lili qui fêtait les 2 ans de son chouette blog de lecture... sur lequel on trouve toujours de bonnes idées pour agrandir sa PAL (vilaine tentatrice), et tout plein d'avis de lecture intéressants, car miss Lili est une vraie lectrice et blogueuse compulsive... (ce que je suis encore bien loin d'être -pour le côté blogueuse- même si aujourd'hui, jour à marquer d'une belle pierre blanche, j'ai posté 2 billets !) J'aime beaucoup les goûts de Lili... et nous avons pas mal d'affinités littéraires, je suis donc encore plus contente d'avoir gagné chez elle. 
J'ai poussé un grand cri de joie toute seule devant mon écran quand j'ai vu mon nom en rose... Alors c'est pas le loto, ok, mais je vais peut-être m'y mettre...


J'ai donc l'honneur de recevoir prochainement le dernier livre de Philippe Jaenada, La femme et l'ours, ce qui tombe très bien car :
1. Comme Lili, c'est un auteur que j'aime beaucoup, d'ailleurs une petite chronique traîne ici sur un de ses romans
2. Le titre annonce un bel horizon d'attente... tout en me laissant assez songeuse sur le thème du roman !
3. Je pourrai avancer le challenge 1% de la rentrée littéraire (au point mort pour l'instant, cause entorse du poignet lecture interminable de Freedom)


Un grand merci dear Lili, tes mains innocentes ont illuminé ce dimanche bien gris ! Continue longtemps à partager tes lectures ! Trinquons ensemble à cet anniversaire :


Shopping

Pour contrer la morosité ambiante, je vais dans ma librairie. Qui n'est malheureusement pas une librairie de quartier, mais pas non plus une grande enseigne anonyme, bref un entre deux où on peut flâner à loisir car l'espace est grand, et se poser pour regarder et lire tous les extraits qu'on veut sans être dérangé. Les lieux où il y a des livres, et particulièrement les librairies, m'apaisent. C'est un véritable effet zénifiant sur moi. Sans pression aucune, on peut parcourir tous les rayonnages, sortir autant de livres qu'on le souhaite, lire la quatrième de couverture ou toute page au hasard et puis reposer le livre. Rien ne pousse à la consommation. Et rien ne presse. Le temps s'arrête. Et assez peu de monde en ce samedi après-midi, c'est agréable. J'en profite. Je ressors donc apaisée et calmée, coupée du monde (et quel triste monde en ce moment, enfin ça fait quelques décennies quand même) pendant quelques instants - assez brefs dans le temps réel - suffisamment longs dans ma temporalité pour que je m'évade. Retour en enfance au milieu d'albums tous plus créatifs et plus beaux les uns que les autres, voyage au simple coup d'oeil des Routards et autres guides, frayeur avec tous ces dos sombres qui s'entassent, nouveautés, prix, cuisine... Rhaaa j'aime farfouiller dans tous les rayons de cette librairie sans qu'à aucun moment on vienne me perturber, mais qu'en même temps je puisse demander conseil, au cas où. Enfin l'heure des choix, ma PAL s'agrandit un peu : roman historique, pamphlet, rentrée littéraire, bulles (de champagne), agenda, et quelques livres jeunesse à déposer sous le sapin, même s'il est vrai qu'il est encore bien tôt !


Ont donc eu l'honneur de rejoindre ma PAL ce samedi :
- Matin Brun Frank Pavloff
- La Chambre des officiers, Marc Dugain
- Le Premier été, Annie Percin
- Le goût du champagne
A offrir : Qui a du temps pour Petit Ours ? et Mon grand catalogue de véhicules.

jeudi 3 novembre 2011

La citation du jeudi

Un peu de douceur, de fantaisie et de poésie... pour oublier l'espace d'un instant les mots crise, faillite, endettement...

The girl with many eyes
One day in the park
I had quite a surprise.
I met a girl
who had many eyes.

She was really quite pretty
(and also quite shocking!)
and I noticed she had a mouth,
so we ended up talking.
We talked about flowers,
and her poetry classes,
and the problems she'd have
if she ever wore glasses.
It's great to now a girl
who has so many eyes,
but you really get wet
when she breaks down and cries.
                                                                 Tim Burton


Traduction (mais en français il est très difficile de prononcer élégamment "la fille avec plein d'yeux") :


La fille avec plein d'yeux 

Un jour, au parc
surprise : celle fille, grand Dieu !
je la remarque
parce que sur la face elle a plein d'yeux !

Elle était des plus girondes
(mais aussi des plus immondes).
"elle a une bouche, néanmoins", me
dis-je, si bien qu'à parler nous en vînmes.

Nous parlâmes de fleurs, 
de ses cours pour être poète,
et que ce serait un malheur
si elle portait des lunettes. 

C'est bien de connaître une pépée
qui a tant d'yeux en trop, 
mais on est vraiment tout trempé
quand elle fond en sanglots.