dimanche 12 août 2012

En vrac, summer 2012

Des mots, des pensées, des titres en vrac...
C'est les vacances, et pourtant je ne trouve pas encore assez de temps pour écrire des articles ! Ce ne sont pas les lectures qui manquent...


Et voilà que je repars dans deux jours pour un périple Barcelone-Rivesaltes d'une petite quinzaine. Je rentrerai juste à temps pour... préparer la rentrée et découvrir les immanquables de la rentrée littéraire !

En attendant,  et brièvement, mes coups de coeur de cet été (des petits, des moyens et des gros), sur lesquels j'espère revenir plus longuement pour vous les faire partager vraiment :
- Les Séparées de Kéthévane Davrichewy. Un beau roman sur l'amitié, la jeunesse dans les années 80. Une écriture sobre, simple, efficace.
- Les Heures souterraines de Delphine de Vigan : peu emballée par le début, mais ces deux personnages on les aime et on s'y attache ! Première rencontre avec Delphine de Vigan, assez concluante, dois-je dire...
- Avant de J.B. Pontalis, ça démarre comme un "je me souviens" de Perec. S'en suit une belle réflexion sur la mémoire et le temps qui passe. Je ne sais pas combien de pages j'ai écornées, de paragraphes soulignés en me notant : à se remémorer, à méditer, à penser, à recopier, à voir... C'est un auteur que je vais fréquenter de plus près.
- Le Miraculeux destin d'Edgar Mint de Brady Udall. Sacré roman d'apprentissage américain ! La vie. Loufoque à souhait. Et émouvant !
- L'Exil et le Royaume d'Albert Camus. Albert et moi, c'est une de ces belles histoires qui durera toujours, parce qu'on sait se fréquenter avec parcimonie. Par petites touches, souvent en été, car c'est un auteur de l'été. RAS, c'est toujours aussi bon.

Ce qui m'a moins plu :
- La Joueuse d'échec, roman agréable parce que je l'ai lu sur les lieux de l'histoire. Mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable.
- Rien que du bonheur de Laurie Colwin. Un recueil de nouvelles assez inégal. Du très bon, mordante et ironique à souhait et du mièvre en pommade... ce que j'ai du mal à supporter. 
- La Montagne de Minuit de Jean-Marie blas de Roblès. J'aime beaucoup l'idée, le thème (il est question de bouddhisme et de voyage au Tibet) et la construction narrative. Mais tout à coup l'histoire prend un tournant assez tarabiscoté et complexe, difficile à suivre car peut-être pas assez développé. Bref, quelque chose m'a gênée dans cette fin de lecture.

J'ai pris des notes sur chacun des bouquins dans mon carnet hyper girly (rose à pois, c'est l'été), il n'y aurait plus qu'à organiser tout ça pour faire mes chroniques. A mon retour j'espère.

Bonnes vacances, si vous l'êtes encore... et sinon, bon courage, et bel été !

Barcelona by Giulia y los Tellarini on Grooveshark


PAL Sud !
(L'Ombre du vent, Corniche Kennedy, Dora Bruder, La promesse de l'aube, Bradbury et Oates)

jeudi 2 août 2012

Ouverture # 9

Firopotamos, Milos

Ouverture et découverte des Cyclades où je suis partie pour une première session de vacances cet été.
De ce vaste archipel, je n'ai vu que deux îles, (en 10 jours, difficile de faire mieux car les traversées en bateau prennent du temps). Mais je me suis promis d'y retourner pour découvrir les autres, je suis un peu tombée amoureuse de ces îles que j'ai trouvées bien préservées et encore sauvages. (Petite infidélité avec ce coup de coeur, car mon forever love des îles Méditerranéennes, c'est la Sicile -   pour toujours et à jamais !)
Ici et là, à Milos et Naxos, des traces l'Odyssée qui surgissent, on se prend à imaginer un Ulysse dans ce palais (bien qu'Ithaque ne soit pas dans cet archipel), également le doux souvenir des voix passionnantes de Jean-Pierre Vernant et Jacqueline de Romilly (j'aime les écouter parler de leur amour pour la Grèce antique, d'Ulysse, et des autres mythes - de vrais "conteurs"). 

Petit aperçu de Milos, île pas très grande, peu touristique avec un paysage assez atypique de mines et carrières à ciel ouvert, vue sur ces roches rouges et blanches depuis les plages... Petits villages de pêcheurs intacts. Tellement calme. Un havre de paix.
Et Naxos, qui elle, est la plus grande des Cyclades. Jolies plages aussi, mais surtout un arrière pays étonnant. Montagneux, rocailleux et aride. On y croise quelques troupeaux de chèvres, peut-être ceux d'un Cyclope égaré dans une grotte...

Mais surtout quelques belles portes et fenêtre comme j'aime : 



                                             Klima, village de pêcheurs à Milos




Fenêtre ouverte à Naxos 



Temple de Dionysos, Naxos



Fenêtre sur végétation folle...


Village de Halki, Naxos


Eglise perdue sur l'île de Naxos...


samedi 28 juillet 2012

Purge


"Ce qui m'attire avant tout, ce sont les destins bâillonnés, les personnages muets, les histoires tues. S'approcher du non-dit et tenter de l'articuler, n'est-ce pas l'essence même de l'écriture ?"
                                                                                                             
Deux femmes se rencontrent dans la cour d'une ferme délabrée, quelque part en Estonie peu après l'effondrement du bloc soviétique, au début des années 1990. Ces deux femmes, ce sont deux mondes qui se confrontent et qui se réunissent dans la même cour : Aliide, la vieille, fermière estonienne "à la russe" qui semble n'avoir jamais quitté sa ferme, avec ses potions, ses herbes médicinales, sa cuisine, sa maison et ses cloisons amovibles, ses passages secrets... Veuve. Renfrognée, méfiante, endurcie par une vie faite d'événements historiques marquants, vécus de l'intérieur, (l'Estonie indépendante, la seconde guerre, l'occupation allemande, puis russe, puis l'annexion au bloc soviétique et la fin de l'ère communiste). Et Zara, jeune fille de vingt ans, bas résilles, mini jupe, surmaquillée, mais en piteux état dans cette cour, échouée là pour échapper à qui, à quoi... Aliide reste sur ses gardes, mais décide tout de même de l'accueillir, et de la nourir et de l'aider en la cachant quelques jours. 

Les deux femmes s'apprivoisent progressivement et s'attachent l'une à l'autre. Tout en réserve, lentement, elles se confient l'une à l'autre - en omettant quelques secrets. Les langues se délient difficilement. Mais les liens affectifs se nouent malgré tout. On sent le poids des secrets dans cette ferme d'Estonie. Que s'y est-il passé ?
Alternance de dates, de lieux, dans les chapitres. Retours en arrière jusqu'aux années 30, la vie d'Aliide, d'Ingre, sa soeur "parfaite", des hommes qu'elles ont aimés, épousés, quittés, de la vie qui les a tour à tour réunies et séparées. Le traumatisme d'Aliide. Le secret, la honte. On vit, on survit avec tout ça... Et puis l'histoire de Zara, de Vladivostok à Berlin où elle était allée pour croire en un avenir meilleur... et s'est faite enrôlée dans la prostitution et la violence. 

Un roman prenant, le destin de deux femmes au passé trouble et amer que le lecteur découvre peu à peu dans cette construction habile. Deux femmes auxquelles on s'accroche pour savoir ce qui s'est réellement passé. Deux corps blessés, avilis et torturés. Deux âmes courageuses et téméraires. 
Un roman qui dérange aussi, mettant au jour une fois de plus les horreurs de l'Histoire, ce qu'a été la dictature communiste et le stalinisme, et montrant l'être humain dans ce qu'il a de plus vil. Le roman est noir et oppressant, oui. Et réaliste...
C'est tout cela que j'ai apprécié dans Purge. J'ai juste ressenti un petit effet déceptif car, oui j'ai beaucoup aimé, et je trouve que c'est un très bon roman, mais j'en avais tellement entendu parler que je m'attendais à quelque chose de génial, à ce que ce soit LE coup de coeur, LA claque. De l'inconvénient de lire "après" la vague... 

Un extrait, sur la peur :
“Pour Aliide, la peur était censée appartenir à un monde révolu. Elle l'avait laissé derrière elle et ne s'était pas intéressée le moins du monde aux jets de pierre. Mais maintenant qu'il y avait dans sa cuisine une fille qui dégoulinait de peur par tous les pores sur sa toile cirée, elle était incapable de la chasser de la main comme elle aurait dû le faire, elle la laissait s'insinuer entre le papier peint et la vieille colle, dans les fentes laissées par des photos cachées puis retirées. La peur s'installait là, en faisant comme chez soi. Comme si elle ne s'était jamais absentée. Comme si elle était juste allée se promener quelque part et que, le soir venu, elle rentrait à la maison“.

L'avis de Leiloona .





jeudi 26 juillet 2012

Les lassi de Sathi... (et le mien)

Je suis rentrée de vacances hier, ô miracle, je retrouve le soleil... lorsque j'étais partie, j'arpentais encore chaussures fermées et jean. Là, enfin, l'été est arrivé ! Continuité parfaite avec la dizaine que je viens de passer sous le ciel bleu pur des Cyclades. Je redoutais un retour pluvieux, qui s'ajouterait à la nostalgie de ces belles vacances. (Préambule vacancier, mais ce n'est pas de cette destination dont je parlerai aujourd'hui - cependant j'y reviendrais très vite !)
Et quand il fait très chaud comme aujourd'hui, j'aime boire un lassi bien frais. Cela me rappelle un voyage que j'ai fait l'an dernier, et qu'il m'arrive d'évoquer ici par petites touches : l'Inde.

Le lassi c'est un peu le milk shake indien, mélange de yaourt brassé, lait, sucre, glace pillée si l'on veut, fruit (le plus souvent, mangue ou banane) et des graines de cardamone et de pistache... c'est dans les épices que réside le secret du lassi... et la difficulté de reproduire ce goût si particulier chez soi, à des milliers de kilomètres ! (Sur la photo du mien, il manque les graines).

Nous étions au Rajasthan en avril, la saison chaude...(certes nous avons voulu éviter la mousson - mais nous avons suffoqué). Température moyenne de 38-40 °, autant dire qu'en ressenti, au soleil, il nous est arrivé de frôler les 45 degrés et plus - et que nous n'étions pas vraiment habituées à cela ! Alors très vite, nous avons eu notre petit rituel : le lassi pour se rafraîchir et reprendre des forces en fin de journée (ou en fin de matinée). C'est à Bundi que nous avons testé les meilleurs lassi - je n'ai pas parcouru toute l'Inde, loin de là, je ne peux donc me vanter de dire que ce sont les meilleurs de tout le pays. Mais assurément, les meilleurs de tous ceux que j'ai testés.

Bundi, ville du Rajsathan assez tranquille (et c'est très appréciable après la jungle urbaine qu'est New Dehli), entourée d'un fort quelque peu délabré mais qui tient encore bien debout et domine la ville, dans laquelle on entre par une immense porte joliment ornée. Hôtel reposant, propre (et oui, ce n'est pas l'évidence) avec toilettes, vraie douche et chasse d'eau. Bref, le confort absolu dont nous rêvions depuis une semaine en bonnes touristes occidentales en mal de matérialisme que nous sommes, malgré toute notre bonne volonté !
L'indian touch de cet hôtel : la vache qui s'invite dans l'entrée pour le petit déj. Vache sacrée, on ne la chasse pas aussi facilement... on l'honore d'un petit mets et ensuite on l'invite gentiment à partir. 
En descendant un peu plus loin dans la rue, une petite échoppe qu'on peine à trouver (conseillée par notre ami le "rourou" (petit nom affecteux donné à notre guide papier qui regorge de bons plans - et de formules débonnaires)), "Chez Sathi". Hum. On entre ou pas ? Une pièce très sombre et caverneuse, un petit frigo rempli de "pots" et un vieil homme tout sourire assis dans la position du yogi tout au fond de la pièce, ou à d'autres heures, buvant son thé chai devant sa maison. C'est notre Sathi. Et les pots dans le petit frigo, ce sont ses lassi. On se laisse tenter - et là......... onctuosité, fraîcheur et saveurs délicates garanties ! Un aspect yoghurt blanc ivoire surmonté de quelques graines vertes qui donne ce petit goût épicé si particulier. Un délice ! Nous y sommes retournés à chaque fois. Et nous avons fait des envieux dégustant nos lassi sur la terrasse de notre hôtel : assaillies par les singes (un, puis deux, puis quatre, puis cinq), nous avons dû abandonner notre trésor gustatif et partir en courant. Oui, une armée de singes qui vient vous piquer votre verre, c'est assez effrayant. (Ou on est des petites natures...)

Malheureusement, je n'ai pas de photos de Sathi et de ses lassi... j'en ai trouvé une sur internet, assez représentative de la scène :
 Et Bundi (là ce sont bien mes photos) :

Porte d'entrée de la ville

La forteresse

Un temple très avenant...


Monkeys !


mardi 10 juillet 2012

Le combat d'hiver

(D'accord, je suis un peu hors-saison avec mon titre à l'heure des préparatifs pour les vacances estivales !)

Voici un roman qui traînait sur ma PAL depuis bien longtemps et que j'ai enfin ouvert. Enorme succès à sa sortie en 2006, tant chez les lecteurs que les critiques, c'est plutôt de bon augure. Je ne suis pas "fan" de littérature jeunesse, mais j'ai toute confiance en Jean-Claude Mourlevat, qui pour moi, est un très bon auteur (jeunesse ou pas). La seule réticence que j'avais concernait l'étiquette "science fiction" que certains attribuent à ce roman, je n'aime pas ce genre, je n'accroche pas si le cadre posé n'est pas réaliste. Or, il s'avère que ce n'est pas un roman de science fiction, mais plutôt ce qu'on qualifierait de "dystopie". 

Le roman s'ouvre sur une scène étrange : dans un orphelinat digne des descriptions de Dickens ou de Charlotte Brontë, deux jeunes filles, Hélène et Milena, demandent à aller voir "leurs consoleuses" : ce sont des femmes que les élèves peuvent aller voir pendant une heure, deux fois dans l'année, pour recevoir un peu de douceur et d'affection.  Sur leur chemin, elles rencontrent Milos et Bartoloméo, qui eux, se trouvent dans l'orphelinat pour garçons et vont également voir leurs consoleuses. Ce soir d'automne qui paraît banal déclenchera toute l'histoire : Milena et Bartoloméo décident de s'enfuir de ce lieu... 
On ne sait pas exactement dans quel pays, ni à quelle époque se déroule l'histoire : ça pourrait être ici et maintenant... C'est en tout cas dans un pays dirigé par un pouvoir totalitaire, "La Phalange", avec pour armes des hommes-chiens qui n'hésitent pas à dévorer les récalcitrants et les opposants. 
Tous ces orphelins n'ont pas été réunis par hasard... Hélène et Milos vont également s'enfuir à la suite de leurs deux camarades pour découvrir cette vérité et pour reprendre le combat mené jadis par leurs parents... Un combat dangereux et semé d'embuches pour ces quatre adolescents bien vaillants et endurcis !
J'ai beaucoup aimé ce roman dans lequel on entre facilement grâce à ses personnages attachants : des ados de 15 ans en pleine effervescence, dont tous les sentiments et les émotions sont exacerbés, bref, la fougue de la jeunesse qui entraîne le lecteur ! Ensuite j'ai apprécié le contexte "historique", ou plutôt sociétal : ces adolescents qui décident de résister et de se battre contre le pouvoir en place, l'importance aussi de la musique qui symbolise cette résistance. Bien sûr, ce n'est pas sans nous rappeler les nombreuses dictatures du XXème siècle et certains épisodes douloureux de notre Histoire... Le récit est haletant, nos héros se retrouvent souvent dans des situations périlleuses où leur survie ne tient qu'à un fil. On se surprend à avoir peur pour eux puis à respirer de soulagement à d'autres moments. 
Bref, un bon bouquin "jeunesse" mais qui est aussi destiné aux adultes. L'univers décrit est très sombre, d'ailleurs si je le conseille à des ados, ce serait plus à partir de 15 ans.

Ce titre me permet de participer au challenge de 4 saisons initié par Les mots de la fin :
(mais il me manque quand même les 3 autres saisons !)

lundi 25 juin 2012

La fête de la musique continue...

Certes, le 21 juin est passé, mais chez Leiloona, la fête de la musique continue... J'ai loupé la dernière radio des blogueurs, cette fois-ci je suis au rendez-vous ! D'autant plus que le jour de la fête de la musique n'était ni festif ni musical puisque beaucoup de manifestations ont été annulées à cause du temps pourri. Mais, ô joie, ô bonheur, j'ai quand même entendu la fanfare de médecine jouer les mêmes morceaux depuis 15 ans...

Avec l'été qui arrive (enfin qui devrait arriver), la période des soirées (chaudes) festives s'ouvre, alors je propose une bonne bande son pour danser all the night (enfin 2 titres pour donner le tempo) - et c'est un concentré de bonne humeur pour commencer la semaine !

Les tubesques The Shoes (qui viennent de chez moi ;)) et Skip the Use que j'avais découvert au Grand Journal, et que j'entends régulièrement sur les ondes maintenant :


dimanche 24 juin 2012

Pablo et Max

La biographie de Picasso en B.D., à l'heure où les biopics au cinéma se multiplient, pourquoi pas... A moins d'être lassé par cette mode. Mais, là, ne passez pas à côté, il faut lire cette biobédé.  Avant d'ouvrir le livre, 3 bonnes raisons : déjà, Picasso c'est un peu le peintre qu'on croit connaître parce qu'il est partout, mais finalement on ne le connaît pas si bien. Et puis bien sûr, sa vie est passionnante et romanesque, alors plaisante à lire ! Ensuite, le dessinateur de cette B.D. n'est autre que Clément Oubrerie qui s'est déjà illustré brillamment dans les 6 tomes de Aya de Yopougon.  J'ai donc ouvert ce livre "les yeux fermés", en toute confiance. J'ai eu raison...
Le lecteur est tout de suite plongé dans le Montmartre du début du XXème siècle, bien loin de l'affluence touristique d'aujourd'hui. A cette époque, c'est un quartier populaire et ouvrier, à la périphérie de Paris, un peu à part. Le livre ne raconte pas uniquement la vie de Picasso, mais deux destins croisés qui se réunissent à la fin de ce premier tome. C'est avec la voix de Fernande Olivier (Amélie Lang de son vrai nom) qu'on découvre ce Paris 1900 : sa vie à elle, c'est celle d'une jeune fille mariée de force à un bougre, bien déterminée à s'affranchir de toutes les conventions de la condition féminine de l'époque et à sortir de son marasme. Parallèlement, une bande de joyeux fêtards espagnols arrivent à Paris pour l'exposition universelle de 1900,  c'est la vie de bohème pour eux : les femmes, l'amour, l'art, les cafés parisiens... et bien sûr, les débuts de Pablo : la rencontre avec Vollard, marchand d'art, avec le poète Max Jacob qui l'hébergera (et en pince pas mal pour le peintre espagnol), on croise aussi un Degas vieillissant... Et puis au Bateau-Lavoir, c'est la rencontre : Fernande et Picasso... première grande histoire d'amour, première muse. C'est à ce moment-là que se termine ce premier tome.
C'est avec jubilation que j'ai suivi la voix de Fernande (texte : Julie Birmand) et sa joyeuse gouaille pour déambuler dans les rues de Paris grâces aux superbes dessins de Clément Oubrerie. La BD m'a emmenée dans une autre époque où les artistes foisonnent, un moment où un vent de liberté et de nouveauté souffle sur le siècle débutant... Un trait délicat et léger, les couleurs pastel, tout concorde à faire revivre une époque, j'ai adoré. Le film Midnight in Paris m'avait fait le même effet : cette impression qu'un narrateur me prend par la main pour m'emmener voir une histoire et me la raconter !
Je n''ai qu'une hâte : que le tome 2 sorte. 

La "bande annonce" en vidéo, plutôt bien conçue, si ce n'est la faute d'orthographe dans le titre :



mardi 19 juin 2012

Le mardi sur son 31 # 2

Pour ma deuxième participation au rendez-vous de Sophie, un extrait de Purge de Sofi Oksanen. Je viens de commencer le roman ce soir, j'en suis à la page 38, alors ce ne sont que les débuts, pas vraiment d'impression. Pour l'instant, deux femmes qui se rencontrent, dans une ferme perdue au fin fond de l'Estonie... 
  
(Petite parenthèse avant de divulguer ma citation : 

Du choix d'un livre dans la PAL en fonction du temps...

 Nous sommes le mardi 19 JUIN, soit J-3 avant l'été (oui, c'est un souvenir lointain, mais c'est cette saison si agréable et habituellement synonyme de chaleur, de soirées prolongées en terrasse à siroter un mojito rafraichissant (enfin je vous laisse le choix du cocktail), de lectures interminables dans les parcs et les jardins, de balades en robes légères...).  Or, là, dehors, ce que je vois à travers mes fenêtres, c'est la pluie qui tombe sans discontinuer, ce que j'entends depuis mon canapé où je suis enroulée dans le "plaid d'hiver" à siroter ma bonne infusion "nuit calme", c'est le floc floc permanent des gouttes de pluie, et j'ai passé la journée en intérieur avec la lumière allumée en permanence. Et bien, c'est une ambiance qui m'a semblé parfaite et en totale adéquation avec cette histoire de Purge qui se déroule en Estonie, époque post-soviétique. D'ailleurs la première de couv montre un paysage enneigé. ) 

So, 
p. 31 : 
"Quand Zara essayait de se rappeler, il lui venait à la tête une douleur lancinante, si bien qu'elle s'était concentrée sur l'instant présent."




dimanche 17 juin 2012

Aujourd'hui j'ai eu un prix

et je suis toute émue ! 



Ce prix, c'est le Liebster blog, qui m'a été décernée par l'Irrégulière, une blogueuse de choc, glamouresquement littéraire, puits d'inspiration et souvent antre de la tentation pour le porte monnaie. Ce n'est pas moi qui lui ai attribué le prix mais j'aurais pu tout aussi bien car je la lis régulièrement ! 
Et qu'est-ce que le Liebster Blog ? Et bien c'est un prix qu'on attribue à un blog normalement lu par moins de 200 personnes qu'on aime bien et qu'on veut faire partager et découvrir. Et ça marche, grâce à l'article de l'Irrégulière, je découvre plein de jolis blogs !
Alors je la remercie du fond du coeur... parce que mon petit blog (oui pour le coup y a bien moins de 200 personnes qui le lisent, mais ça, je m'en moque, l'important c'est qui le lit, et ce sont des gens que j'apprécie), j'y tiens. J'y écris en pointillé (sur celui-ci et celui d'avant), je suis loin de chroniquer tous les bouquins que je lis, mais j'essaie d'y mettre mes coups de coeur livresques ou autres ! Il est petit et modeste, mais il compte pour moi, c'est mon petit trésor caché (et oui, très étrangement j'ai du mal à le "partager" avec les gens que je connais IRL - mais bon je travaille sur ça ;) ), un refuge.

Et puis comme ce prix me fait bien plaisir, j'ai envie de revenir plus régulièrement... car j'ai un peu délaissé mes notes et la vie bloguesque depuis plus d'un mois, pour des raisons multiples : grosse période de travail en cette fin d'année scolaire (allez encore 3 petites semaines), recherche assidue d'appartement et toutes les contraintes matérielles qui vont avec (ça prend un temps fou tout ça - sans porter ses fruits pour le moment), et malheureusement une période un peu creuse en lecture... J'espère que ça va revenir avec l'été et le temps libre que j'aurais de nouveau !


C'est maintenant à moi d'attribuer 5 Liebster Blog, faisant totalement fi des statistiques car je m'en fiche : 
- La Ballade de Mathylde, là aussi une vraie blogueuse qui publie très régulièrement et avec qui je me trouve pas mal d'affinités culturelles. Malheureusement je n'arrive plus à laisser de commentaires sur son blog !
- Le blog de Lola-Valérie, sous silence depuis quelques mois et c'est dommage !
- 3 petits nouveaux dans la blogosphère qui grandissent bien vite, à découvrir : Euli Kenjie et Souricette (désolée pour l'oubli...).


Je suis déjà à 5... bon, j'en évoque juste un petit dernier, radicalement différent, pour le plaisir des papilles : c'est un blog cuisine sur lequel je pioche beaucoup d'idées de recettes... et les photos sont divinement appétissantes : 1001 saveurs . Je vous le conseille !


A très vite...




lundi 7 mai 2012

Hiroshima mon amour

HI-RO-SHI-MA ... NE-VERS. Deux mots tour à tour sussurés, chuchotés, murmurés, criés, hurlés, prononcés dans la joie, la jouissance, la tristesse, la souffrance... C'est le leit-motiv de la pièce de théâtre mise en scène par Christine Letailleur , adaptation du scénario Hiroshima mon amour de Marguerite Duras qu'Alain Resnais réalisa en 1959. 


Elle est actrice français originaire de Nevers, elle est venue à Hiroshima tourner une film sur la paix. Le film s’achève, elle rentre le lendemain à Paris. Elle vient de rencontrer un homme, un japonais, dans cette ville. Ils s'aiment, fugitive rencontre. Ils ont leur vie, ils sont mariés et ont des enfants. Mais pas ici. Pas dans cet espace-temps durant lequel on est Autre, on se donne à l'Autre, on essaie d'oublier. Et pourtant, Hiroshima... le passé la rattrape. Elle se raconte peu à peu, se dévoile, ment sans mentir. 

Je n'avais ni lu le scénario, ni vu le film, j'allai ainsi voir cette pièce en terra incognita... Et j'en ai eu le souffle coupé pendant quelques jours. C'est beau. C'est même magnifiquement beau. Cette pièce me bouleverse et m'interrogeJe ne peux en parler plus rationnellement... plus traditionnellement. C'est une pièce qui touche le corps. Vous savez le petit noeud d'émotion, là près du coeur, vers le bas-ventre. C'est là. Difficile d'en sortir des mots clairs. Seulement des questions, des bribes, des expressions lancinants dans ma tête depuis que j'ai vu cette pièce. 
Les acteurs, Hiroshi Ota et Valérie Lang, incarnent ces personnages, ils sont eux. D'une justesse, d'une émotion à la fois vibrante et sobre. Une mise en scène épurée, qui se suffit à elle-même. Et les mots de Marguerite Duras font le reste.

Elle / Lui / La peau / Deux corps nus qui se regardent / qui se touchent / qui se désirent / qui se frôlent/ qui se caressent / qui s'apprivoisent /qui se détachent / qui se quittent / qui se lâchent / qui s'aiment./ L'amour / l'envie / une rencontre / la douceur des mots / la douceur d'une main / explosion/ guerre./ S'aimer après le chaos ? / Se désirer ? / S'imprégner ? / Se connaître pour s'aimer ? 
L'un dans l'autre / l'un contre l'autre / l'un face à l'autre / l'un et l'autre / l'un puis l'autre / l'un / l'autre. / Qui es-tu ? / d'où viens-tu ? / Qui suis-je ?
Tu es NEVERS / Tu es HIROSHIMA / Tu n'as rien vu à Hiroshima / J'ai tout vu à Hiroshima.
Aime t-on un corps, un regard ? / Une alchimie ? / Peut-on aimer plusieurs personnes à la fois ? / A t-on besoin de connaître le passé de l'autre pour aimer ?  / Connaître les secrets de chacun ? /  Qu'est-ce qu'aimer veut dire ? / Je ne le sais pas, moi. Cette femme sait. Elle AIME. 






Et puisque ce billet parle quand même essentiellement d'AMOUR, je l''ajoute au Challenge amoureux d'Irrégulière, dans la "catégorie libre".




vendredi 4 mai 2012

Une sortie attendue !

Petite info en passant : il y a peu de temps je vous parlais de Zulu de Caryl Férey, thriller qui m'avait beaucoup marqué.

J'évoquais la sortie prochaine de son nouveau roman, c'est chose faite : Mapuche, dans la collection Série noire, chez Gallimard



Cette fois-ci l'auteur nous emmène en Amérique du Sud, plus précisément en Argentine, de la dictature à nos jours. Je lui fais confiance, je pense que ce roman sera aussi bien documenté historiquement et socialement que l'était Zulu !
Je me réserve cette lecture pour cet été, (si je ne cède pas avant) parce que là j'ai quelques lectures communes et challenges à terminer d'ici juin ! Et puis il me faut une pause douceur sinon mon petit coeur fragile ne tiendra pas le choc de lire autant de thrillers (je suis en train d'en lire un pour une lecture commune).

Pour patienter, l'émission "Mauvais genres" sur France culture consacrée aux deux Amériques, avec l'auteur comme invité dans la première partie :

jeudi 3 mai 2012

La femme et l'ours

Pas évident de résumer ni de présenter ce roman... l'histoire étant assez loufoque et absurde. Bref, ne pas chercher à lire un récit réaliste, ce serait l'avertissement de départ. Pour faire simple, je dirai que c'est le récit de la descente aux enfers d'un homme tout à fait ordinaire, Bix, le narrateur, donné comme double de l'auteur. Bix mène une vie des plus banales, avec sa femme (un peu névrosée) et son fils (plutôt sage et mature) (trio qu'on retrouve dans d'autres romans de Jaenada), métro-boulot-dodo. Il se prend de nostalgie pour sa folle jeunesse, du temps où il pouvait écumer les bars sans aucun compte à rendre, sans obligation familiale. Un soir, une dispute conjugale éclate, Bix claque la porte, se retrouve dans la rue avec son sac matelot et sa carte bleue (et visiblement un compte plutôt bien rempli vu la totalité de ses dépenses à la fin du roman).
C'est alors que commence la sombre descente de Bix, un chemin de croix à travers les bars de Paris, puis de Paris jusqu'au Vaucluse. Errance d'un héros loser, réduit à l'état de SDF alcoolique pour quelques jours (mais un SDF avec une carte gold - 300 euros de note au Lutétia pour séduire une belle éphémère) et qui ne sait plus très bien où il en est. Rencontres multiples, des personnages atypiques se croisent, quelques fois bien croqués, et d'autres vraiment too much. 

Autant j'avais été parfaitement conquise par Plage de Manaccora, 16h30, autant ce dernier roman m'a un peu laissée sur le carreau de l'ennui. Je suis passée à côté... Trop décousu à mon goût, même si j'ai bien compris que je ne devais pas chercher à lire un récit réaliste, mais là on a l'impression que l'auteur ne sait pas bien où il veut aller lui-même. Pourquoi cet événement glauque et sombre à la fin qui ne s'accorde pas du tout au ton plutôt léger du reste du roman ? Ersatz de thriller pendant 50 pages...
D'ailleurs le roman que j''avais gagné sur le blog de Lili est resté bien longtemps sur ma table de chevet (enfin c'est une sorte de pouf de chevet chez moi). Je l'ai commencé, abandonné, ça ne prenait pas, puis repris récemmment. Je me suis forcée à dépasser le chapitre qui donne son  titre au roman, (légende pyrénéenne assez loufoque, sorte d'histoire d'amour entre une femme et un ours au Moyen âge - bon alors en plus les légendes médiévales, c'est vraiment pas ma tasse de thé...), chapitre bien soporifique. De plus, le lien entre la légende et le personnage de Bix, il faut quand même bien chercher... Il me semble artificiel.

Bon la note positive, c'est le style et l'humour de Jaenada, il y a vraiment des pages très drôles, des situations grotesques et absurdes où l'on rit agréablement. Mais ce n'est pas assez pour moi, il m'aurait fallu une histoire avec plus d'épaisseur, de suivi, de contenu.  Et puis je suis lassée des autofictions d'écrivains paumés en quête d'aventures ou d'inspiration, un peu trop nombrilistes à mon goût, je n'apprends rien dans ces récits.

Bref une déception.... 

Un extrait quand même bien drôle, alors que le narrateur comate sur un banc, une sublime créature, au doux nom de Milka Beauvisage le reconnaît et l'aborde.
- Vous ne m'embêtez pas du tout. Je ne suis pas très en forme, excusez-moi, je vais me lever.
  Je ne me suis pas levé, car au moment où je prononçais ces mots qui me projetaient brusquement dans un futur aussi immédiat qu'improbable, j'ai visualisé la scène, mon gros corps tordu et taché qui tient en équilibre comme il peut devant la princesse prussienne aux grands yeux, et ça ne m'a pas paru prometteur. Pour une fois que quelqu'un me reconnaît dans la rue, et pas n'importe qui, une créature, bonheur vaniteux de l'écrivain raté, je suis malade et crasseux. Je vais rester assis, c'est mieux. On a toujours l'air moins tocard quand on est assis. Croyant probablement que j'attendais qu'elle parte, elle m'a tendu la main. Une main fine, couleur de litchi.- Je suis contente de vous avoir rencontré. Je m'appelle Milka.- Comme le chocolat ?Bien joué, encore une réplique qui fera date dans l'Histoire de la Débâcle ...

2/7
(à la bourre !!!)


jeudi 26 avril 2012

Autour de Missak

Hier je vous parlais du récit de Didier Daeninckx, Missak, très bien documenté et passionnant à lire.
Aujourd'hui, quelques autres éléments autour de ce personnage emblématique qu'est devenu Missak Manouchian **. 

-Le film L'armée du crime de Robert Guédiguian, que j'ai trouvé très bien fait, mais qui peut peut-être agacer par son côté "édifiant". Je trouve qu'il rend très bien compte de toute la complexité des réseaux de résistance, de la mise en place de la propagande nazie autour de cet événement. Et puis tous les acteurs sont justes. Vraiment, un bon film pour moi.



-Le poème d'Aragon, mis en voix par Ferré (personnellement je ne suis pas fan - trop solennel, trop Ferré... même si je reconnais que la chanson est émouvante avec les choeurs, mais la version que j'aime le mieux est celle que j'ai postée hier, plus épurée). Bon je préfère vraiment la version de Bernard Lavilliers.
Les deux :



-Et enfin, l'un des derniers témoins de l'affiche rouge, éclairage intéressant :


** Par pitié, toi qui lis cette page, professeur, élève ou simple lecteur, on prononce ManouCHian, et oui comme "chiant". C'est pas joli joli, mais c'est la bonne et la seule prononciation. Exit les ManouKian qu'on entend à tout bout de champ, car Missak n'a pas créé sa propre ligne de vêtements et n'a jamais fait partie du jury d'une émission de télé-crochet ! 



mercredi 25 avril 2012

Missak

Comment qualifier ce livre ? Roman, oui, mais un peu plus que ça... roman historique, roman-enquête, roman-documenté, docu-fiction...

Missak de Didier Daeninckx est un peu tout ça à la fois, et ce n'est pas pour me déplaire !

1955, on inaugure une "rue Groupe Manouchain" dans le XXème arrondissement de Paris, soit onze ans après la fusillade du Mont-Valérien qui n'épargna aucun des 24 condamnés du groupe Manouchian (en fait si,  la seule femme arrêtée, qui a été décapitée quelques mois plus tard), résistants membres des FTP-MOI. Cet événement servit la propagande nazie puisque ce sont leurs portraits qui ont été placardés sur les murs de Paris en février 44 (la fameuse "affiche rouge" dont on voit une partie sur la première de couverture). Résistants, d'origine étrangère, juifs, communistes, anti-franquistes... tout pour plaire. C'est à l'occasion de cette inauguration que Louis Aragon écrira son fameux poème "Strophes pour se souvenir" qui réhabilitera enfin ces résistants, alors souvent méconnus. Le poème sera ensuite mis en voix par Léo Ferré. 
Louis Dragère, jeune journaliste à L'Humanité, est convoqué par le directeur du journal : il sera chargé d'enquêter secrètement sur l'histoire de Missak Manouchian pour en faire un beau portrait, sans tâche ni bavure qui honorera le parti. Qui était-il ? Que s'est-il vraiment passé au mois de novembre 1943 ? Comment et par qui le groupe a t-il été dénoncé ? C'est ainsi qu'avec ce jeune Louis, on va remonter le fil de l'histoire.... La seconde guerre mondiale bien sûr, mais avant cela, le génocide arménien qui a décimé une partie de la famille de Missak... puis son arrivée en France, le front populaire, la poésie, le communisme, la guerre, la résistance. Va et viens entre les années 38-44 et les années 50 : pleine période d'effervescence du communisme, des bruits courent sur le stalinisme, mais peu de gens y croient. Gueguerre de partis aussi, qui font parfois bien froid dans le dos... Louis Dragère, communiste engagé et convaincu découvre peu à peu une réalité moins florissante sur le parti et ses dirigeants.

Dans ce roman, on croise plein de gens connus, notamment les Aznavourian (voisins des Manouchian, et le jeune Charles qui fait ses débuts à l'Olympia), Krasucki, Charles Tillon, Jacques Duclos...
Alors je sais que Daeninckx a signé un roman, il n'a pas vécu ces événements, Louis Dragère non plus, tout être de papier qu'il est, mais on y croit vraiment et on se laisse porter par cette enquête (qui, en vraie, n'a pas été résolue à ce jour). On tremble, intimidé et impressionné, avec Dragère lorsqu'il rencontre Aragon... on est ému lorsque les arméniens lui racontent l'arrivée en France, le travail, la guerre, la résistance... et la vie au pays dans les années 50, satellite de l'URSS... Autre temps, autres moeurs. La bibliographie montre que l'auteur s'est beaucoup documenté et que les informations sont précises. J'ai appris beaucoup de choses, et découvert aussi toute la complexité des différents réseaux de résistance pendant la seconde guerre mondiale.
Daeninckx fait revivre grande et petite histoire, ce récit est passionnant et instructif. Et puis il y a ces deux histoires d'amour qui se croisent joliment, celle très émouvante et tragique de Mélinée et Missak et celle, toute naissante, du narrateur avec Olga.

Extrait sur l'arrivée des réfugiés en France :
Un diplomate norvégien s'était beaucoup occupé de tous lespeuples déplacés, après la grande guerre, en créant un certificat qui permettait d'aller s'installer  dans un pays qui acceptait d'accueilir les réfugiés. Il a reçu le prix nobel pour ça. A ce moment-là, la France avait besoin de main d'oeuvre. Le "Haut Commissariat auprès des états de Syrie, du Grand Liban (...) accordait les papiers assez facilement pour justifier  d'une promesse d'embauche. Il suffisait de payer un timbre de cinq francs-or, et on obtenait le certificat avec le cachet "retour interdit".

Tout cela est à méditer après le premier tour des élections et de certains chiffres nauséeux... 


Demain, un billet qui complètera celui-ci, sur ce qu'il y a autour de Missak (le poème, le film de Guédiguian). En attendant, la version du poème par Ferré :



mardi 24 avril 2012

Nouveau rendez-vous

Ce nouveau rendez-vous, c'est celui du Mardi sur son 31, initié par Sophie, qui a toujours de bonnes idées !

Le principe est simple et amusant : "tous les mardis, vous ouvrez le livre que vous êtes en train de lire à la page 31 et vous choisissez une phrase. Elle peut être révélatrice du roman, vous plaire par son style, vous déplaire..." 

Ce petit jeu permet de partager les lectures en cours, j'aime bien le principe !

Alors pour ma première participation, une citation de (AVERTISSEMENT : prenez une grande et large inspiration, puis lisez) Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n'étions pas toi et moi (vous pouvez relâchez), d'Albert Espinosa . J'ai commencé ce livre hier, la page 31 ne recèle pas les meilleures citations de ce que j'ai lu jusqu'à présent, mais c'est l'jeu. La phrase élue m'a été inspirée par le ciel lourd et gris que je voyais par la fenêtre, pestant de ne pouvoir lire au soleil un 23 avril. 


Nous étions descendus elle et moi dans un hôtel de Fornells et nous regardions la pluie transformer un éventuel dimanche à la plage en une interminable journée d'attente.




vendredi 20 avril 2012

Mademoiselle Julie (avec Juliette)

Moins de billets ces derniers temps, car moins de temps devant l'écran, et moins de lectures... mais plus de temps à l'extérieur IRL ! 
J'inaugure donc une nouvelle catégorie sur mon blog qui regroupera des notes sur des spectacles, des concerts, des expos, sous le libellé "notes d'artistes".
L'idée, c'est de partager mon avis (plus brièvement que sur les livres-je serai moins à l'aise pour parler musique, théâtre, art) sur les "choses" vues récemment. Si jamais ils passent/sont passés près de chez vous, vous pourrez vous faire une idée, et surtout me  donner votre avis aussi !


Ouvrons le bal avec une pièce de théâtre... 

Mardi je suis allée voir Mademoiselle Julie de Strinberg, dans une mise en scène de Frédéric Fisbach. Cette création avait été présentée au festival d'Avignon en 2011.


La veille d’une nuit d’été de la Saint-Jean, le père de Julie s’absente pour la soirée et elle en profite pour improviser une petite fête qu’elle passe avec ses valets, entre autres : Jean et Christine. Julie tente de séduire Jean, plus ou moins sous les yeux de Christine sa fiancée.. Lutte d’amour comme lutte des classes, entre drame et tragédie, questionnements sur le désir, les rapports entre les hommes et les femmes, l'éducation... Peu à peu l'étau se resserre autour du personnage de Madmoiselle Julie qui brave ainsi les conventions du XIXème siècle. En 1888, la pièce de Strinberg est un scandale et elle est censurée dans de nombreux pays. 

Aujourd'hui, décalage et distance, c'est avec un autre regard qu'on la voit. L'attitude de  Julie est provocatrice certes, mais elle n'a plus ce goût du scandale...


 
Autant le dire tout de suite, la star, ce qui vaut le détour, ce qu'on voit et qui illumine cette pièce et dès le début, c'est ELLE... Juliette est Julie, oui Juliette Binoche, que je n'avais encore jamais vue au théâtre. Elle interprète ce rôle à la perfection, tour à tour séductrice débordant du désir d'aimer et d'être aimée, manipulatrice, hystérique, femme-enfant et en toutes circonstances, flamboyante dans  sa robe à paillettes dorées ! Je suis conquise par sa prestation.

Le parti-pris de la mise en scène m'a bien plu aussi : transposition dans le monde contemporain : cuisine Ikea, grande baie vitrée*, jeunes gens qui se trémoussent et se déhanchent sur des tubes récents, et comme toujours dans les soirées, une 
contre-soirée cuisine, où il se passe bien plus de choses !!
(*Et oui cette grande baie vitrée fermée sépare le spectateur des acteurs, on les entend donc assez mal (même s'ils ont des micros, le rendu est très étrange). Heureusement, la baie finit par s'ouvrir, distance abolie.)




Les points que j'ai moins aimés : ce sont les deux autres acteurs... Particulièrement Nicolas Bouchaud qui joue le rôle du valet, Jean, et qui traîne pourtant un accent parisien à la fin de ses phrases qui ne collent pas vraiment avec le personnage !!! Et puis je trouve qu'il manque de conviction, on ne le sent pas toujours "dans son rôle". Des mots parfois inaudibles, c'est dommage... Idem pour Bénédicte Cerutti. J'ai un peu eu l'impression que ces deux-là étaient là "parce qu'il le fallait"... Ou alors était-ce l'effet de la première représentation dans la ville ?

Pour finir, une mention spéciale aux figurants (les autres valets et serviteurs) qui se démènent beaucoup dans le fond de la scène... ils vont bien entretenir leur corps ! 

En bref, un avis mitigé, mais le positif prend le dessus, à voir pour Juliette. Sa Julie correspondait assez bien à l'image que je m'en était faite en lisant la pièce... bien que le souvenir de cette lecture soit très très lointain ! (Par contre, vous l'aurez compris, mon Jean n'était pas tout à fait comme ça !)

Et vous ? Avez-vous vu cette pièce ?
Pour info, elle sera jouée à l'Odéon du 18 mai au 24 juin.