mercredi 29 février 2012

Irish coffee et rubber boots

Une petite pause sur mon blog, le temps d'aller goûter de VRAIS Irish coffee, siroter une bonne Guiness dans un pub, marcher sur les terres brûlées et le long des lacs du Connemara avec mes belles rubber boots à fleurs... et lire sur la lande (sans geler sur place - sinon, y a les pubs !) !
Je reviens dans une huitaine avec photos et nouvelles lectures à chroniquer (dans ma valise : Les Déferlantes, et la trilogie de Roddy Doyle !)

Et pour patienter, d'autres terres sauvages... :


Hardelot, février 2012



jeudi 23 février 2012

Love week # bilan

(à la manière de...)

Bref, j'ai fait la love week

C'était la semaine d'avant la saint Valentin. En fait je m'en fiche de cette fête à la con pour les couples en mal de passion. Mais comme tous les célibataires de plus de trente ans qui disent assumer leur célibat, je m'en fiche pas complètement parce que ça allait me rappeler que j'étais encore bien seule à mon âge et tout le toutim. Et vis ma vie de blogueuse, j'avais un challenge spécial love à finir en vitesse express. Alors j'ai créé la love week sur cette vi(e)rtuelle, le but c'était d'écrire une billet par jour pendant une semaine qui parle à chaque fois d'amour. Lundi, j'ai fait une compil avec les chansons que je trouvais les plus hot, sur lesquelles une danse langoureuse et sensuelle aurait vite fait de se terminer horizontalement. Mardi, j'ai relu le plus beau mythe d'amour de tous les temps. Et comme c'est un mythe, c'est pas possible dans la vraie vie. Pourtant c'est juste magnifique l'amour vu comme ça. Mercredi, j'ai regardé des contes de princes et princesses pour enfants mais qui enchantent aussi les adultes (enfin les adultes restés un peu des enfants comme moi). Et comme ce sont des contes, c'est toujours pas possible dans la vraie vie. Jeudi, je me suis dit un peu de lucidité ne me fera pas de mal, c'est fini de rêvasser, Baudelaire est mon ami. Vendredi, intermède "et sinon dans ma vraie vie" : j'ai envoyé un texto de rupture d'une relation qui n'avait jamais commencé. Colère de l'autre, puis radoucissement, puis plus rien des deux côtés. Samedi j'ai lu de la poésie. Une chose déusète dont plus personne ne parle, que plus personne n'écrit. Parler d'amour avec des métaphores, des compraisons, autres chiasmes et asyndètes, jolis mots bien placés, bien choisis... ça sert à quoi ?  Dimanche, j'ai voulu croire en l'éventualité que l'amour ne durait que 3 ans, ce qui m'aurait rassuré sur ma condition et sur celle des autres. Ce n'est ni un conte, ni un mythe et pourtant... 
J'ai été Madame Bovary pendant une semaine. Bof. Et le 14 au soir je suis allée boire des bières avec une copine, on s'est fait draguer par un type ivre (et célibataire) à qui on a dû répéter 3 fois nos prénoms dans une conversation (soliloque plutôt) de 6 minutes 23. A 22h17 j'étais dans mon lit. Le soir de la Saint Valentin dont je me fiche éperdument.
Bref, j'ai fait la love week.

mercredi 22 février 2012

Dépêchez-vous !

Encore 48 heures pour participer au concours de l'Irrégulière qui vous permettra de gagner un exemplaire de C'était malgré nous, roman de Caroline Fabre-Rousseau - personnellement un roman qui me fait de l'oeil depuis que notre charmante tentatrice l'a présenté (ici).
(Un blog qui pourrait aussi s'appeler "L'antre de toutes les tentations" !)

Dépêchez-vous d'aller tenter votre chance !

Good luck, et merci à notre généreuse Irrégulière !

dimanche 19 février 2012

L'amour dure trois ans

Un titre, une assertion. Ce n'est pas une proposition, une hypothèse, ni une question. Non, c'est une affirmation qui sonne comme un présent de vérité générale.
Roman de Beigbeder, récemment adapté au cinéma, par himself, mais publié en 1997. L'histoire s'inscrit dans la trilogie qui narre les tribulations d'un héros ordinaire de la fin du XXème siècle, Marc Verronier de vingt à trente ans. Ce personnage n'est pas sans quelques points communs avec son créateur...
Dans ce dernier opus, Marc Verronier  a 30 ans, l'âge de la maturité ! Il s'interroge... combien de temps dure l'amour ? Une étude scientifique des plus sérieuses prouve que chimiquement, l'amour, l'attirance, la séduction ne peut que durer trois ans :

Personne ne vous prévient que l'amour dure trois ans. le complot amoureux repose sur un secret bien gardé. On vous fait croire que c'est pour la vie, alors que chimiquement, l'amour disparaît au bout de trois années. Je l'ai lu dans un magazine féminin : l’amour est une poussée éphémère de dopamine, de noradrénaline, de prolactine, de lulibérine et d’ocytocine. Une petite molécule, la phényléthylamine (PEA), déclenche des sensations d’allégresse, d’exaltation et d’euphorie. Le coup de foudre, ce sont les neurones du système limbique qui sont saturés en PEA. La tendresse, ce sont les endorphines (l’opium du couple). La société vous trompe : elle vous vend le grand amour alors qu’il est scientifiquement démontré que ces hormones cessent d’agir après trois années.
D’ailleurs les statistiques parlent d’elles-mêmes : une passion dure en moyenne 317,5 jours (je me demande bien ce qu'il se passe pendant la dernière demi-journée), et, à Paris, deux couples sur trois divorcent dans les trois ans qui suivent la cérémonie. Dans les annuaires démographiques des Nations Unies, des spécialistes du recensement posent des questions sur le divorce depuis 1947 aux habitants de soixante-deux pays. La majorité des divorces ont lieu au cours de la quatrième année de mariage (ce qui veut dire que les procédures ont été enclenchées en fin de troisième année… 
Plus prosaïquement, on dira qu'au bout de trois ans, les habitudes et la routine s'installent, il faut que le couple sache évoluer pour continuer à exister :
La première année : on achète les meubles. La deuxième année : on déplace les meubles. La troisième année : on partage les meubles. 
Notre héros est donc au bout de ses trois ans d'amour, en plein divorce avec Anne. C'est pas clair dans sa tête, tempête sous un crâne puisqu'il tombe amoureux d'une autre femme : Alice, qui est mariée. A partir de cette nouvelle rencontre, il vit terrifié dans l'attente du couperet, de la date fatidique... il est persuadé qu'au bout de ses trois ans d'amour avec Alice, il y aura rupture. Et oui, c'est ainsi que ça fonctionne chimiquement, il en a déjà fait l'expérience ! La première partie du roman raconte la naissance de cette passion entre Alice et le narrateur, une histoire toute en rebondissements ! Egalement dans cette partie, toutes les désillusions de notre Marc, son pessimisme ambiant et ses pérégrinations dans le Paris mondain des années 90 : ambiance ecstasy, boîte, alcool, etc.  La deuxième partie du roman, beaucoup plus courte, est découpée selon le décompte de la date qui approche (soit trois ans plus tard) à partir de J-7 à Formentera... Que se passera t-il le jour J ? 


J'ai bien apprécié ce petit roman, qui se lit d'une traite (mais qui s'oubliera peut-être assez vite). Ce n'est pas un grand chef-d'oeuvre, c'est certain, pas de grande prouesse, finalement beaucoup de banalités (les affres du chagrin d'amour, que tout le monde éprouve, le coup de foudre, la naissance de la passion) mais c'est aussi là que le lecteur se reconnaît et sourit car Beigbeder dit les choses de façon plaisante. Il a le coup de stylo pour user et abuser de l'autodérision avec son personnage, de cynisme sur la société, et le sens de la phrase choc (la plume du publicitaire sans doute). J'ai porté un regard amusé et attendri sur ces personnages, et j'étais aussi stressée que Marc en attendant le jour J... Mais le côté Paris mondain-débauche, je n'aime pas. Je ne vois vraiment pas l'intérêt de ces descriptions et j'ajouterai "n'est pas Bret Easton Ellis qui veut"... Ces quelques pages gâchent un peu l'ensemble.


Petites citations prises ici et là :
Recette pour aller mieux 
Répéter souvent ces trois phrases : 1) le bonheur n'existe pas. 2) L'amour est impossible. 3) Rien n'est grave.
... 
Un jour, le malheur est entré dans ma vie, et moi, comme un con, je n'ai plus jamais réussi à l'en déloger.  
... 
Au XXème siècle, l'amour est un téléphone qui ne sonne pas. 

Et avec ce titre, j'inaugure ma première participation au challenge de l'Irrégulière : catégorie 2 "livre dont le titre contient le mot amour ou amoureux" ! 



LOVE WEEK # 7

samedi 18 février 2012

C'est reparti pour un an !

Et oui, le fameux challenge amoureux de l'Irrégulière est reconduit pour une deuxième saison... donc jusqu'au 14 février 2013 (si nous sommes encore là !).
Même si je n'ai pas terminé la première saison prise en cours de route (4 catégories sur 6), je resigne sans hésiter pour la seconde ! Parce que c'est bôôô l'amour (enfin surtout dans les romans et les chansons, en vrai, ça l'est parfois moins) et que le logo de notre éternelle amoureuse est encore plus beau que celui de l'an passé :




Non seulement le logo a changé, mais les catégories aussi :


1. Un "classique" (au sens large comme ça tout le monde est content)
2. Un livre (roman, théâtre, poésie...) dont le titre contient le mot "amour" ou "amoureux"
3. Une histoire d'amour fantastico-ésotérique
4. Un livre de chick-litt, une comédie romantique, enfin un truc light quoi
5. Un texte érotique
6. Et toujours la "catégorie libre"

Je vais mieux m'organiser pour le terminer à temps cette fois-ci ! Mais une catégorie me pose problème à l'avance : "une histoire d'amour fantastico-ésotérique".... alors là je n'ai AUCUNE idée. Je glanerais quelques conseils sur la blogosphère !
Rendez-vous demain pour la première participation !

Et.... LOVE WEEK #6

jeudi 16 février 2012

La citation du jeudi


Ce qu’il y a d’ennuyeux dans l’amour, c’est que c’est un crime où l’on ne peut pas se passer d’un complice. 
                                                             Charles Baudelaire, Mon coeur mis à nu

LOVE WEEK  # 5


chez Chiffonnette

mercredi 15 février 2012

Princes et Princesses

Même si la saison 1 du challenge amoureux de l'Irrégulière est officiellement terminée depuis hier minuit, je vais le poursuivre cette semaine, au moins pour moi, parce que je n'aime pas rester sur un gout d'inachevé... (Et pour la deuxième saison, dont je vais bientôt parler, je m'organiserai un peu mieux, enfin j'essaierai...)

Aujourd'hui la catégorie "Conte", avec un prince charmant, une belle princesse, un grand mariage et beaucoup d'enfants...
Je suis très embêtée, parce que je n'aime pas trop les contes de princesse. Cendrillon, Blanche Neige, Peau d'Ane et consorts m'ennuient royalement... j'ai juste envie de leur mettre des claques pour qu'elles se secouent, soient moins naïves et deviennent un peu plus indépendantes ! La magie n'opère plus ! Alors je sais, il faut replacer dans le contexte de l'époque, voir la visée didactique du conte, etc. Mais ça ne passe plus, à la simple lecture : peut-être trop vu, trop lu, trop entendu... J'ai essayé aussi de chercher ailleurs et plus loin, mais la structure reste la même, les caractères aussi (sauf que la sorcière russe, c'est Baba Yaga) - ou bien il n'est plus beaucoup question d'amour : les contes indiens et africains évoquent beaucoup  plus la sagesse.

Alors je vais vous parler d'une forme particulière de conte : ceux de Michel Ocelot qui les a revisités à sa manière dans ses films d'animations "Princes et Princesses" (1998) et "Les Contes de la nuit" (2011). Alors là, oui, je suis émerveillée. J'ouvre grand mes yeux, je regarde, j'écoute et je plonge dans un monde magique où le réel n'existe plus et n'a plus aucune prise sur moi. Les couleurs sont féériques, les récits, écrits par Ocelot, plutôt bien construits : sur les bases narratives du conte traditionnel, il réinvente des histoires qui font rêver, avec souvent beaucoup d'humour, mis au premier plan. L'orgueil et l'envie sont généralement punis, les mariages heureux, mais ce ne sont pas toujours ceux auxquels on s'attendait. J'apprécie beaucoup cette mise à distance avec le conte traditionnel !


Chaque soir, un garçon et une fille se retrouvent dans une salle de cinéma désaffectée. Un vieux projectionniste leur ouvre les portes du spectacle, à eux trois, ils construisent six histoires merveilleuses, six séances magiques où le spectateur n'a plus qu'à se laisser emporter, traversant ainsi les siècles et les frontières. 

Les récits sont ensuite représentés en ombres chinoises (le deuxième opus offrant de vraies prouesses techniques assez impressionnantes à l'image, mais je ne peux me lasser du côté artisanal de "Princes et Princesses"), les silhouettes des personnages sont ciselées au millimètre près, les couleurs du fond éclatent : bleu nuit, rose, orangé... La musique participe aussi à toute cette beauté !
Le charme opère admirablement sur moi à chaque fois ; c'est toujours agréable de se laisser conter de belles histoires !



Le conte "La Sorcière" :




                                       LOVE WEEK # 4





mardi 14 février 2012

Amour et Psyché

Canova, Amour et Psyché, 1793 (Louvre)
L'histoire d'Amour et Psyché... une belle histoire d'amour mythique, réflexion sur l'âme (qui se dit "psyché" en grec), l'amour, la curiosité, les épreuves que les humains doivent affronter pour accéder à la divinité... et au bonheur d'aimer. (Le jour est donc plutôt adéquat pour évoquer cette love story !)
On la trouve contée dans L'âne d'or ou Les métamorphoses, de l'auteur latin Apulée. C'est un récit en onze parties dans lequel l'auteur raconte les aventures de Lucius, jeune homme transformé en âne par une magicienne qui finira par retrouver sa forme humaine, après bien des péripéties. L'une d'elles est qu'il est retenu prisonnier avec une jeune fille dans une caverne ; une vieille servante, chargée de les garder, va alors leur raconter, pour les distraire, l'histoire d' "Amour et de Psyché". Le récit commence donc à la manière d'un conte par "Il était une fois".

Psyché est une magnifique jeune fille, d'une beauté si extraordinaire que les gens se déplacent pour l'admirer, mais qu'aucun homme ne veut l'épouser, tant sa beauté est impressionnante. Cela fait le malheur de ses parents qui vont consulter l'oracle de Milet : la prédiction tombe comme un couperet :  
Sur un roc escarpé, roi, expose ta fille, pour un hymen de mort pompeusement parée. Et n'attends pas un gendre issu d'un rang mortel, mais un monstre cruel, féroce et vipérin, qui vole par les airs et, n'épargnant personne, porte partout la flamme et blesse avec le fer, fait trembler Jupiter effroi de tous les dieux, et, redoutable même aux fleuves infernaux, inspire la terreur aux ténèbres du Styx. 

Cette admirable beauté mécontente également Vénus : le peuple délaisse ses temples, on dit que Psyché rivalise avec la déesse, voire la surpasse... Jalousie immédiate, on ne concurrence pas les dieux ! Vénus convoque alors son fils Eros (Amour) et lui demande de décocher une flèche à cette Psyché qui la fasse tomber amoureuse de l'homme le plus laid et le plus méprisable de la terre (on rejoint l'oracle). Mais Amour est pris à son propre piège : lorsqu'il voit Psyché, il tombe amoureux d'elle et ne peut se résoudre à lui infliger ce terrible sort.
Psyché s'apprête à accomplir sa destinée, elle se rend à ses noces funèbres, persuadée de rencontrer un monstre. Elle est emmenée par le vent sur un rocher, dans un palais somptueux. Ainsi commence sa vie à deux... elle peut entendre la voix de son époux, le toucher, sentir sa présence uniquement la nuit, mais elle ne le verra jamais : dès que l'aube apparaît, il disparaît. Telle est la condition de leur bonheur et de la pérennité de leur amour, son mari le lui rappelle bien. Mais Psyché est curieuse et naïve : poussée à agir par ses soeurs qui jalousent ses richesses, elle décide une nuit d'éclairer son mari pour voir qui il est. Stupeur, elle découvre qu'en lieu et place du monstre qui lui avait été promis, son époux n'est autre que le dieu Amour, avec ses fines ailes dans le dos, ses magnifiques boucles blondes... De stupéfaction, elle laisse échapper une goutte d'huile de la lampe sur Eros, alors blessé à l' épaule. Il se réveille et découvrant le subterfuge, il s'enfuit. Psyché, par sa trop grande curiosité, a perdu son amour. S'en suit toute une série d'épreuves que Vénus lui ordonne de passer si elle veut de nouveau retrouver Amour. Psyché les franchira toutes, grâce à des aides précieuses. Mais de nouveau, lorsqu'elle a enfin réussi la dernière péripétie, si près du but, sa curiosité manque encore de lui faire perdre Eros pour la seconde fois. Cette fois-ci, il arrive, la sauve et demande à Jupiter l'autorisation de l'épouser sur le mont Olympe.


Je trouve que ce mythe est fabuleux, vague d'émotion à chaque fois que le lis.  D'ailleurs, mythe ou conte... pas évident de trancher ; l'histoire relève des deux genres. On voit déjà en germe beaucoup de composantes qui seront reprises dans les contes merveilleux : des soeurs jalouses, une mère terriblement méchante qui inflige des épreuves à sa belle-fille, une héroïne un peu naïve, un baiser du "prince" pour réveiller notre " princesse", une fin heureuse : ils se marient et ont un enfant. Mais ce que j'apprécie dans ce conte (car les contes merveilleux m'ennuient vite, je l'avoue), c'est aussi toute la symbolique des personnages et des actes. L'allégorie de l'âme et de l'amour. Et tout ce que représente cette belle histoire d'amour : la relation entre Psyché et Amour est très sensuelle, les sens explorés sont d'abord ceux du toucher et de l'ouïe... il n'est pas besoin de voir pour aimer et être aimé. C'est un amour qui cultive aussi le mystère et la passion. Un amour fatal, auquel rien ni personne ne pourra s'opposer, pas même Vénus... Et puis j'aime cette Psyché qui oscille entre douceur, rage, résignation et détermination, je la trouve humaine, tout simplement. (Bon un peu nunuche quand même à ne pas trop comprendre les leçons du passé !)




Bien sûr cet article complète le challenge amoureux de l'Irrégulière, dans la catégorie "Histoire d'amour mythique" (et "histoire d'amour qui finit bien").
Et s'inscrit pleinement dans la LOVE WEEK !



LOVE WEEK #3


lundi 13 février 2012

Love week

Et oui, quand parler d'amour, sinon cette semaine ? 

Comment oublier que demain c'est "la fête des amoureux", à moins de vivre isolé du monde sur une île déserte, sans aucun moyen de communication. Entrez, venez, achetez, consommez. Eventuellement, aimez-vous aussi. Demain plus qu'un autre jour ?
Je ne suis pas fan de cette fête, que je trouve assez commerciale et que de toute façon je ne célèbrerais pas puisqu'il faudrait être deux pour ça... (Oui, ça m'arrange un peu de ne pas aimer cette fête - En même temps, bonjour tristesse le restau le soir de Saint Valentin : couple parmi d'autres couples dont la plupart n'ont rien à se raconter, lorgnent les assiettes de leurs congénères et écoutent leurs conversations pour combler le vide de leur propre table) (oui alors on pourrait me répondre qu'il y a mille autres choses à faire à deux, quand on s'aime, que d'aller au restaurant - exact et aussi 364 autres jours pour ça).

Mais bien sûr j'aime l'amour, et la littérature et les arts parlent souvent, sinon toujours un peu, de cette vaste question...

Et puis j'ai un challenge à terminer, celui de l'Irrégulière, pour demain. Aïe ! Sachant qu'il me reste trois billets à écrire pour ce challenge et que ce ne sera pas fait pour le D Day, je vais tricher un peu en créant ma semaine à thème : la love week. Initiée hier avec La radio des blogueurs, et qui se poursuivra donc chaque jour de cette semaine, avec un billet sur ce blog sur le thème de l'amour. (Si vous avez bien lu, le deuxième challenge, c'est de poster ici même un billet par jour pendant une semaine... ahum !!!! Là je ne suis pas sûre de réussir. )

Trêve de blabla, je retourne à mes lectures amoureuses...

Gustav Klimt, Le baiser, 1907

LOVE WEEK #2


Je ne lance pas un truc officiel, mais si vous passez par ici et que vous voulez participer à cette love week, vous êtes les bienvenus ! La règle est simple : parler d'amour chaque jour de la semaine. 




dimanche 12 février 2012

Music !

La radio des blogueurs initiée par Leiloona revient pour nous faire danser langoureusement et amoureusement toute cette semaine... Hot hot hot, telle est la consigne !
So... je n'ai pu me contraindre à ne choisir qu'un seul titre. Deux grands classiques, chansons intemporelles que je peux écouter en boucle sans me lasser, et très sensuelles - une longue et une plus courte... selon l'envie :)
Since i've been loving you et I put a spell on you... 
Les deux autres sont plus les chansons "du moment", Lana del Rey, une voix qui fait frissonner, et Tricky (la chanson date un peu mais elle a été utilisée dans une publicité récemment).





LOVE WEEK # 1


dimanche 5 février 2012

Passer l'hiver ... avec Olivier Adam




Passer l'hiver avec Olivier Adam ? C'est en parfaite adéquation avec ce temps glacial. Alors pourquoi pas... mais je préfère vous avertir : certaines scènes de ce recueil de nouvelles pourraient altérer votre bonne humeur et votre jovialité. Et bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existantes (telles que le lecteur) n'est pas fortuite. En bref, on ne passe pas un moment d'une franche gaité, mais si on connaît un peu l'auteur, on sait à quoi s'attendre.
Pas joyeux, mais réaliste. Et peindre la réalité et le quotidien des gens normaux, des autres que "soi-même-l'écrivain-super-mal-que-je-suis-mais-qui-se-pavane-quand-même-ici-et-là", savoir en parler si justement et avec une telle sensiblité, ce n'est pas donné à tout le monde. Olivier Adam sait le faire sans misérabilisme, sans voyeurisme, sans hauteur ni mépris. Peut-être avec une certaine empathie et une tendresse qui émane de toutes ces nouvelles. Avec des mots justes, et une pudeur qui évite le pathos et le larmoyant. Les situations de chacune de ces nouvelles nous font penser à notre vie quotidienne : activité banale comme aller chercher de l'essence, devoir supporter un patron chiant, élever ses enfants, rentrer tard, s'endormir au volant de sa voiture, être dépassé par l'accumulation du travail, se sentir seul et avoir besoin de tendresse... Tout ça arrive. Ca ne constitue pas de grands événements, ça ne bouleverse pas l'ordre du monde. Ca ne bouleverse pas non plus sa propre vie, mais ça se passe ici et là dans les années 2000.

On retrouve les écorchés vifs propres à l'univers fictif de l'auteur : dans les neufs nouvelles que composent ce recueil, les personnages, qu'ils soient chauffeur de taxi, infirmière, caissières ou chômeur, sont tous au bord du gouffre, usés, brisés par la vie, à un point de non-retour, à un moment clé de leur vie où tout peut basculer. Avec en toile de fond la rigueur de l'hiver, le froid, la nuit. Tout est sombre. Mais ces personnages seuls crient (en silence, résignés qu'il sont) leur besoin d'affection et de tendresse... Malheureusement il est toujours un moment la solitude est trop présente et bien difficile à combler.

Ces fils de vie, décrits avec une telle justesse, m'ont beaucoup touchée, comme la plupart des livres d'Olivier Adam que j'ai lus. Mais je me suis faite une auto-prescription : le lire à dose homéopathique, tant l'atmosphère est pesante.

Un extrait de la nouvelle "Nouvel an", celle qui m'a le plus marquée - deux femmes qui passent la soirée du nouvel sur leur lieu de travail, une station service.

Les phares se sont éteints et pendant un moment, il ne s'est plus rien passé. On attendait comme des poires que quelqu'un entre. Je me suis approchée de la vitrine et il m'a semblé apercevoir une ombre dans la voiture, une masse noire recroquevillée sur le volant, quelqu'un avec la tête entre les bras. Pendant au moins cinq minutes, rien n'a bougé. Je suis restée à regarder la neige qui tombait en flocons énormes. 
L'avis d'Irrégulière qui a également lu et apprécié ces nouvelles !

Ce recueil de nouvelles d'Olivier Adam marque ma première participation au challenge des saisons initié par Les mots de la fin.





jeudi 2 février 2012

La citation du jeudi

Qui veut se souvenir doit se confier à l'oubli, à ce risque qu'est l'oubli absolu et à ce beau hasard que devient alors le souvenir.

                                                                                                                     Maurice Blanchot







Chez Chiffonnette