dimanche 19 février 2012

L'amour dure trois ans

Un titre, une assertion. Ce n'est pas une proposition, une hypothèse, ni une question. Non, c'est une affirmation qui sonne comme un présent de vérité générale.
Roman de Beigbeder, récemment adapté au cinéma, par himself, mais publié en 1997. L'histoire s'inscrit dans la trilogie qui narre les tribulations d'un héros ordinaire de la fin du XXème siècle, Marc Verronier de vingt à trente ans. Ce personnage n'est pas sans quelques points communs avec son créateur...
Dans ce dernier opus, Marc Verronier  a 30 ans, l'âge de la maturité ! Il s'interroge... combien de temps dure l'amour ? Une étude scientifique des plus sérieuses prouve que chimiquement, l'amour, l'attirance, la séduction ne peut que durer trois ans :

Personne ne vous prévient que l'amour dure trois ans. le complot amoureux repose sur un secret bien gardé. On vous fait croire que c'est pour la vie, alors que chimiquement, l'amour disparaît au bout de trois années. Je l'ai lu dans un magazine féminin : l’amour est une poussée éphémère de dopamine, de noradrénaline, de prolactine, de lulibérine et d’ocytocine. Une petite molécule, la phényléthylamine (PEA), déclenche des sensations d’allégresse, d’exaltation et d’euphorie. Le coup de foudre, ce sont les neurones du système limbique qui sont saturés en PEA. La tendresse, ce sont les endorphines (l’opium du couple). La société vous trompe : elle vous vend le grand amour alors qu’il est scientifiquement démontré que ces hormones cessent d’agir après trois années.
D’ailleurs les statistiques parlent d’elles-mêmes : une passion dure en moyenne 317,5 jours (je me demande bien ce qu'il se passe pendant la dernière demi-journée), et, à Paris, deux couples sur trois divorcent dans les trois ans qui suivent la cérémonie. Dans les annuaires démographiques des Nations Unies, des spécialistes du recensement posent des questions sur le divorce depuis 1947 aux habitants de soixante-deux pays. La majorité des divorces ont lieu au cours de la quatrième année de mariage (ce qui veut dire que les procédures ont été enclenchées en fin de troisième année… 
Plus prosaïquement, on dira qu'au bout de trois ans, les habitudes et la routine s'installent, il faut que le couple sache évoluer pour continuer à exister :
La première année : on achète les meubles. La deuxième année : on déplace les meubles. La troisième année : on partage les meubles. 
Notre héros est donc au bout de ses trois ans d'amour, en plein divorce avec Anne. C'est pas clair dans sa tête, tempête sous un crâne puisqu'il tombe amoureux d'une autre femme : Alice, qui est mariée. A partir de cette nouvelle rencontre, il vit terrifié dans l'attente du couperet, de la date fatidique... il est persuadé qu'au bout de ses trois ans d'amour avec Alice, il y aura rupture. Et oui, c'est ainsi que ça fonctionne chimiquement, il en a déjà fait l'expérience ! La première partie du roman raconte la naissance de cette passion entre Alice et le narrateur, une histoire toute en rebondissements ! Egalement dans cette partie, toutes les désillusions de notre Marc, son pessimisme ambiant et ses pérégrinations dans le Paris mondain des années 90 : ambiance ecstasy, boîte, alcool, etc.  La deuxième partie du roman, beaucoup plus courte, est découpée selon le décompte de la date qui approche (soit trois ans plus tard) à partir de J-7 à Formentera... Que se passera t-il le jour J ? 


J'ai bien apprécié ce petit roman, qui se lit d'une traite (mais qui s'oubliera peut-être assez vite). Ce n'est pas un grand chef-d'oeuvre, c'est certain, pas de grande prouesse, finalement beaucoup de banalités (les affres du chagrin d'amour, que tout le monde éprouve, le coup de foudre, la naissance de la passion) mais c'est aussi là que le lecteur se reconnaît et sourit car Beigbeder dit les choses de façon plaisante. Il a le coup de stylo pour user et abuser de l'autodérision avec son personnage, de cynisme sur la société, et le sens de la phrase choc (la plume du publicitaire sans doute). J'ai porté un regard amusé et attendri sur ces personnages, et j'étais aussi stressée que Marc en attendant le jour J... Mais le côté Paris mondain-débauche, je n'aime pas. Je ne vois vraiment pas l'intérêt de ces descriptions et j'ajouterai "n'est pas Bret Easton Ellis qui veut"... Ces quelques pages gâchent un peu l'ensemble.


Petites citations prises ici et là :
Recette pour aller mieux 
Répéter souvent ces trois phrases : 1) le bonheur n'existe pas. 2) L'amour est impossible. 3) Rien n'est grave.
... 
Un jour, le malheur est entré dans ma vie, et moi, comme un con, je n'ai plus jamais réussi à l'en déloger.  
... 
Au XXème siècle, l'amour est un téléphone qui ne sonne pas. 

Et avec ce titre, j'inaugure ma première participation au challenge de l'Irrégulière : catégorie 2 "livre dont le titre contient le mot amour ou amoureux" ! 



LOVE WEEK # 7

2 commentaires:

  1. J'ai du mal avec cet auteur ... Je ne pense pas le lire, peut-être que le film me donnera envie de le découvrir, on ne sait jamais ! ;)

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  2. Je comprends tout à fait qu'on puisse avoir du mal, son style et son humeur peuvent agacer. Je ne lirai pas toute son oeuvre, mais de temps en temps oui ! J'aime bien ses livres sur les livres - plus que ses fictions !

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