lundi 16 avril 2012

Zulu

Incipit en italique : le récit d'une exécution devant un enfant zoulou horrifié, Ali, qui voit son frère et son père mourir sous la torture. Ca se déroule dans un bantoustan de l'Afrique du Sud, sous l'Apartheid,  lors de la guerre fratricide entre les partisans de l'ANC et l'Inkatha (deux organisations qui combattaient les discriminations raciales). Le ton est donné : l'auteur n'épargnera aucune violence et n'enjolivera pas la réalité pour son lecteur. Oui, de toute façon c'est un thriller... 


Aujourd'hui, l'Apartheid est terminé. Ali Neuman a bien grandi, il est devenu le chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l'Afrique du Sud, où se côtoient des villas sécurisées et infranchissables, de sublimes plages, et les township dans lesquels règne la loi des gangs. Accompagné de ses  deux bras droits, Brian Epkeen, afrikaner, et le plus jeune des trois, Dan Fletcher, métis, il arrive sur les lieux d'un crime : découverte d'un corps massacré et drogué par un mystérieux cocktail, dont une des molécules reste inconnue. C'est celui de Nicole Wiese, jeune fille blanche de bonne famille. Pourquoi, qui, comment ?
Les enquêteurs commencent à suivre la piste d'un dealer de drogue, piste qui mène à un gang du township. Plus ils avancent et plus ils sont confrontés à la violence. Les cadavres pleuvent. Des drogues inconnues qui mettent les cibles dans un état d'une extrême violence. Des rites et des scansions zoulous qui sèment le trouble. Les petits gangs n'agissent pas seuls, l'envergure de ces crimes est bien plus grande, au-delà des township...



Je ne lis pas souvent de thrillers ou de romans noirs, et là je crois que j'ai eu ma dose pour un petit moment... J'ai trouvé ce roman assez génial, mais sa lecture est très éprouvante
Une intrigue bien ficelée, dans laquelle on avance avec moult rebondissements, des liens entre les différents personnages et leurs histoires qui se tissent et se recoupent assez subtilement. Tout ce qu'il faut d'ultra-violence avec à plusieurs reprises des scènes vraiment insoutenables (personnellement je n'aurais pas été contre en lire un peu moins).  
Ce que j'ai d'autant plus apprécié dans le livre de Caryl Férey, c'est que ce n'est pas uniquement un très bon thriller : c'est aussi un roman politico-social extrêmement bien documenté sur l'histoire de l'Afrique du Sud de l'Apartheid à nos jours. Beaucoup d'informations (pour ma part des révélations aussi car je ne connais pas spécialement bien l'histoire de ce pays) qui font froid dans le dos. Et la misère des township, la drogue, la prostitution, le sida, les gosses des rues qui peuvent mourir dans la plus grande indifférence. Portrait d'un pays ravagé et corrompu, à la veille de la Coupe du monde de football... Ce n'est pas le fol espoir pour ce continent après la lecture de ce roman. C'est un constat désarmant et amer, on a juste envie de se demander pourquoi ? Pourquoi ça marche pas ? Pourquoi c'est si dur de s'en sortir ? Autant les scènes de crimes ont certainement été exagérées pour les besoins du genre (quoique ?) - autant la description de la vie dans les township, de la corruption, de ces réseaux qui donnent le vertige et la nausée me semblent assez réalistes. L'écriture est sèche et incisive, efficace. Difficile de lâcher le livre, une fois rentré dans cette spirale infernale. Vertige assuré.


J'aime qu'un roman, en plus de me raconter une histoire, m'apprenne des choses et me pousse à m'intéresser à un domaine que je ne connais pas, c'est le cas avec Zulu. J'attends avec impatience la sortie du prochain roman de Caryl Férey qui aura pour contexte l'Argentine. 


Les avis de Stephie et Lili, toutes deux aussi retournées que moi lors de leur lecture... 



Cher lecteur, quelques précautions  avant de lire ce livre (un lecteur averti en vaut deux):
- ne pas lire ce livre avant de dormir... cauchemars assurés.
- ne pas lire ce livre comme ça au-hasard-je-sors-mon-poche-dans-toutes-les-situations : genre en surveillance d'examen blanc. Ma mine déconfite a davantage effrayé les élèves que leur sujet... 



Ce billet sera ma participation à la deuxième édition du challenge de Sophie : Une année... Des livres..., l'année 2008 ayant été choisie cette fois-ci.




9 commentaires:

  1. Comme toi j'aime quand les romans nous décrivent aussi un pays, une époque, mais la violence que tu décris me retient, je me connais, ça me hanterait pendant des années...
    Et pourtant ton billet donne envie de découvrir le livre :)

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    1. Je te comprends ! C'est d'ailleurs pour ça que j'ai bien averti sur cette violence, il faut avoir le coeur bien accroché, même si elle n'est pas gratuite dans le roman.

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  2. ton billet me donne envie pourtant au départ je n'étais pas emballée... Merci !

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    1. Chouette ! N'hésite pas, c'est un livre qui accroche bien son lecteur !

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  3. Je l'avais lu lors de sa sortie et j'ai eu les mêmes impressions que toi ! A ne pas lire avant d'aller au dodo ...

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    1. Oui... j'en ai fait les frais ! Note pour plus tard : lire une petite romance toute douce en même temps qu'un thriller, pour le soir !

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  4. Je me doutais bien qu'il fallait faire attention avec ce genre de livres ... Il est dans ma pal depuis près d'un an, pas encore eu le courage de l'ouvrir ...

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    1. ça vaut le coup de l'ouvrir... mais c'est sûr qu'il faut choisir le moment et avoir envie ! J'espère lire ton avis bientôt !

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  5. Il faut que je lise autre chose de lui !!

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