dimanche 24 juin 2012

Pablo et Max

La biographie de Picasso en B.D., à l'heure où les biopics au cinéma se multiplient, pourquoi pas... A moins d'être lassé par cette mode. Mais, là, ne passez pas à côté, il faut lire cette biobédé.  Avant d'ouvrir le livre, 3 bonnes raisons : déjà, Picasso c'est un peu le peintre qu'on croit connaître parce qu'il est partout, mais finalement on ne le connaît pas si bien. Et puis bien sûr, sa vie est passionnante et romanesque, alors plaisante à lire ! Ensuite, le dessinateur de cette B.D. n'est autre que Clément Oubrerie qui s'est déjà illustré brillamment dans les 6 tomes de Aya de Yopougon.  J'ai donc ouvert ce livre "les yeux fermés", en toute confiance. J'ai eu raison...
Le lecteur est tout de suite plongé dans le Montmartre du début du XXème siècle, bien loin de l'affluence touristique d'aujourd'hui. A cette époque, c'est un quartier populaire et ouvrier, à la périphérie de Paris, un peu à part. Le livre ne raconte pas uniquement la vie de Picasso, mais deux destins croisés qui se réunissent à la fin de ce premier tome. C'est avec la voix de Fernande Olivier (Amélie Lang de son vrai nom) qu'on découvre ce Paris 1900 : sa vie à elle, c'est celle d'une jeune fille mariée de force à un bougre, bien déterminée à s'affranchir de toutes les conventions de la condition féminine de l'époque et à sortir de son marasme. Parallèlement, une bande de joyeux fêtards espagnols arrivent à Paris pour l'exposition universelle de 1900,  c'est la vie de bohème pour eux : les femmes, l'amour, l'art, les cafés parisiens... et bien sûr, les débuts de Pablo : la rencontre avec Vollard, marchand d'art, avec le poète Max Jacob qui l'hébergera (et en pince pas mal pour le peintre espagnol), on croise aussi un Degas vieillissant... Et puis au Bateau-Lavoir, c'est la rencontre : Fernande et Picasso... première grande histoire d'amour, première muse. C'est à ce moment-là que se termine ce premier tome.
C'est avec jubilation que j'ai suivi la voix de Fernande (texte : Julie Birmand) et sa joyeuse gouaille pour déambuler dans les rues de Paris grâces aux superbes dessins de Clément Oubrerie. La BD m'a emmenée dans une autre époque où les artistes foisonnent, un moment où un vent de liberté et de nouveauté souffle sur le siècle débutant... Un trait délicat et léger, les couleurs pastel, tout concorde à faire revivre une époque, j'ai adoré. Le film Midnight in Paris m'avait fait le même effet : cette impression qu'un narrateur me prend par la main pour m'emmener voir une histoire et me la raconter !
Je n''ai qu'une hâte : que le tome 2 sorte. 

La "bande annonce" en vidéo, plutôt bien conçue, si ce n'est la faute d'orthographe dans le titre :



2 commentaires:

  1. Ah j'ai adoré cette BD aussi ! Effectivement, vivement les trois prochains tomes !

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  2. oui, vivement ! Je vais surveiller leur parution !

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